EXPLOITATION
Les gttes de New Almaâen sont exploités d'après une méthode en travers assez grossière, que nous avons esquissée plus haut (*). Aucun triage n'a Heu au fond; tous les minerais abattus sont extraits tels quels à la surface ; on ne remblaie nulle part; on boise les chambres à mi-
ressant appareil déjà décrit par nous, dans les Annales des mines (tome XIIÏ, page 17a ; Notice sur les Tellurures dCor et iC argent du comté de Boulder^ Colorado), Mais qu^on juge de l^opération au point de vue des intérêts de là compaguie minière. On envoyait à la concentration un minerai à gangue quartzeuse (opale), provenant d'une région spéciale de la mine, et tenant environ i,5 p. 100 de mercure, c*est-à-dire autant, sinon plus, que la moyenne des minerais deSulphur Bank. Les produits résultant de la concentration, étaient : les riches, tenant en moyenne 56 p. 100 de mercure, et les stériles, les slimes riches^ tenant de 6 à 10 p. 100, et les slimes pauvres. Les riches, renfermant environ 6U p. 100 du mercure primitif, et les slimes riches S p. 100, étalent traités ensemble au moufile. Les stériles, emportant environ 18 p. 100 du mercure primitif, et les slimes pauvres 10 p. 100, étaient rejetés : soit 28 p. 100 de perte totale. Le prix de la préparation mécanique était de la francs par tonne de minerai brut. A cette perte, comparable déjà à la perte au traitement métallurgique, et a ce prix, environ triple des frais de traitement d'un minerai semblable dans les fours modernes, s'ajoutent la perte et les frais du traitement ultérieur de la partie concentrée. (♦) Voir page au
os CiUfQMIE. Si
nerai et autres xides résultant de l'expioitatioBt quand te terrain n'est pas iassez consistant pour se passer de soutènement^ Au JQur, les minerais sont scheidés et classés : ce qui est trop pauvre est rejeté, ce qui est envoyé à l'usine comprend les deux classes déjà définies, le minerai dit riche et les menus {*). Autrefois, de grandes quantités de menus plus ou moins cinabrifères, avaient été employées au fond comme remblais; on reprend aujourd'hui ce^ anciens remblais, à la place desquels on boise, et on les ajoute aux menus provenant des minerais en place ; la proportion des minerais ainsi retirés est faible» relativement aux quantités abattues et variable avec les approvisionnements de l'usine. Enfin on extrait à la surface toutes les roches stériles abattues, soit dans le fonçage des puits ou cheminées, soit dans le percement des diverses galeries* En somme, les quatre cinquièmes environ des quantités extraites, ayant supporté tous les frais d'exploitation, sont rejetés, comme trop pauvres ou stériles, — D'autre part, nous avons dit qu'on reprend d'anciennes baldes et qu'on obtient, après scheidage et classement, une certaine proportion de minerai dit pauvre et de menus (**).
En 1876, 63.246 tonnes (il s'agit ici, comme d^ns tout ce mémoire, de la tonne de 2.000 livres avoir du potç(j, valant 907,185 kilog.) de roches de toutes natures opt été extraites à la surface, savoir :
tOlUIM.
De la galerie de TUsine ^ s.Soi
Des puits et galeries 21.19a
Des chambres à minerai 39.7$ t
Total 63.246
(♦) Voir page 24.
(**) Les anciens remblais et anciennes haldes constituent les seules réserves des mines de New Almaden; au besoin, on peut en tirer Jusqu'à 700 tonnes de menus par mois.
39 GISEMENTS DE MBBGUBfi
Les 39.751 tonnes provenant des chambres à minem ont fourni 4*52 ) tonnes de minerai riche et 8.729 de menus» en tout i3.25o tonnes utilisables, soit 33,3 p. 100.
La galerie de l'Usine à part, les quantités extraites des mines ont atteint 60.945 tonnes, dont 7,5o p. 100 déminerai riche, i4,5o de menus et 78 de roches rejetées.
D'autre part, 3.633 tonnes de minerai pauvre et de remenus ont été retirées des anciennes haldes ; ce qui porte à 1 6.883 tonnes la production totale en minerais bons à traiter.
La production de 1876 se décompose ainsi par provenances :
tOBMt.
Minerai riche. — Ancienne mine 3.&ia
Idem. — San Francisco. 4i2
Idem. — Cot* a Blanca 685
Idem. — Valasco is
Minerai menu. — Mines 8.729
Idem. — Haldes 7/18
Minerai pauvre. — Haldes a.885
En comparant la production de 1876 à celle de 1875, on trouve, en plus, 554 tonnes de miiierai riche et 793 de minerai pauvre, et en moins, 1.875 tonnes de minerai menu (*).
En 1876, on a fait a. 096 mètres de fonçage ou percement, dont 174 pour puits d'extraction et accrochages, et 1.922 pour galeries et cheminées de recherches, de communication, de ventilation (y compris 147 mètres d'avancement à la galerie de TOsine, interrompue en octobre).
La totalité des frais d'abatage, de recherches, de boisage, d'extraction, etc., a atteint, en 1876, la somme de 1.547.100 francs, dont 195.900 francs de matériaux
(*] L'approvisionnement de l'usine en menus étant surabondant, on a repris moins d^anciens remblais.
- DE GAUFORKTÉ. ' St
fournis par la compagnie et consommés par les mines (*;', tels que bois équarris, buttes et garnissages, combustibles, machines et appareils divers, outils, chemins dé fer, quincaillerie, etc., et 1.35 1.2100 francs de main-d'œuvre, comprenant la presque totalité des dépenses en explosifs, lumières, etc., qui sont fournis par les mineurs, lesquels sont payés en conséquence (sur les 116.460 francs d'explosifs et de lumières dépensés en 1876, 104*690 francs ont été fournis par les mineurs travaillant à forfait et par contrat).
Les frais de main-d œuvre se décomposent ainsi :
llranef.
Abatage de minerai, à la tonne 533.48o
Scheidage Idem 61.Û70
Minerai pauvre Idem. 70.610
Menus Idem 119.870
Transport des minerais et menus en wagon. . 21 .oÀo
Roulage sur rails. . iiS.58o
Percement de puits et galeries, au mètre. . . 338.670
Boiseurs et mineurs à la journée 69.660
Main d^œuvre spéciale. 97*170
Surveillants ao.960
Total i.36i.2oo
Le travail à la journée est généralement adopté sur la Côte Pacifique : nous donnons à la fin de ce travail . (pages 5o et 5i) un tableau des salaires journaliers des mi«neurs, mécaniciens, manœuvres, etc., dans différentes parties de la Californie et du Nevada, au mois de décembre 1875. A New Almaden, le travail par contrat et à forfait s'est montré plus avantageux; à la même époque, le mineur ne gagnait guère, tout compte fait, que 8',4o par Journée de 10 heures (moyenne prise sur 333 mineurs);
(*) T compris les frais d'entretien et de réparation, mais non les frais d'installation (machine d'extraction et outillage du puits Gray,etc.).
H QUEwam mi mmccee
tmaa aùparaviiot, U gagnait i4'»8o (989 mineurs); depuis lors» les pnx ont constamment baissé jusqae et pendant 1876. -«-Le nombre moyen d'hommes employés par les mines, en 1876, a été de 4i4f clont 4o Chinois au scheidage.
1.487.597 francs, totalité des frais des mines, répartis sur 63.94^ tonnes, chiffre de TextractioD, font 84'»4o par tonne extraite (*)• Le prix de revient moyen d^ la tonne de minerai, en général, a été de 88^,10; le prix de revient de latonne de minerai riche a été de iSi'sSo (67',so de moins qu'en 1876), dont io',5o pour le scheidage.
Le percement de la galerie de TUsine [2"^^%^ sur 2*, 25 entre les cadres) avait été poursuivi sans interruption en 1875. Pendant les neuf premiers mois de l'année, on s'est servi de perforateurs mécaniques ; l'avancement a été 624 mètres, qui sont revenus en moyenne à 4o&',o6 le mètre. La roche étant devenue tendre, le travail a continué à la main, par contrat ; l'avancement pendant les trois derniers mois a été de Sa mètres, qui sont revenus en moyenne à 4lO^ Sole mètre.
Le tableau suivant résume les opérations des mines de New Almaden pendant six années, de 1871 à 1876.
ilINÉBS.
lOMERAIS DE TOUTES CLASSES prodoits par 1m mines.
MAIN- D'OBOVBE
tonne.
Riche.
Panyre.
Mena.
Total.
teones.
tonnes.
tonne».
tonne».
frsnes.
Îm60
ira
iw::.... :.:. ;
total et moyenne. . .
(*) Le prix de revient réel de la lonae eitraite est «n peu liiférieur : il faudrait dôfaiqaer k» frais relaliAi aux reprises des anciennes haldes.
Les frais de matériaux fournis par la compagnie ont été, en 1876, de 1 iS6o par tonne.
TRAITËVENT.
La métallurgie du mercure en Californie a été de notre part l'objet d'un article spécial dans le Bulletin de la Sociiti d'Encouragement (*). « Elle vient de subir dans ce pays une transformation rapide et intéressante. Les Américains Tout enrichie d'un grand nombre d'appareils nouveaux, dont plusieurs fort ingénieux; ils se sont attachés, parfois peut-être aux dépens du rendement, à réduire les frais de traitements spéciaux. Ces frais, généralement coniûdérés comme très-faibles par rapport à la valeur créée, avaient en Califomie une importance inusitée, avec le prix élevé de la main-d'œuvre, avec la nature des minerais la plupart menus et pauvres, enfin avec la baisse énorme des cours du mercure dans ces derniers temps. La connaissance exacte des pertes au traitement permettrait sçule de porter un jugement décisif sur la valeur des divers systèmes américains; ^ialheureusement* elle fait^ défaut. Jusqu'à ce jour, la teneur des minerais est estimée à l'œil {**) , et on ne con* nait que le rendement à l'usine. »
L'usine de New Âlmaden sera la seule dont nous parlerons ici, et fort brièvement. Le traitement y est bien entendu, et nous ne doutons pas que les pertes y soient sensiblement moindres que dans la plupart des usines californiennes. Nous avons indiqué plus haut {***) les rendements moyens des diverses classes de minerais de New Almaden : on a vu que l'assortiment est varié quant au
(*) 6. Rolland. La Métallurgie du Mercure en Calirornie. Bulle^ tin de la Société (£ Encouragement^ ponr ^Industrie nationale, 77* année, 3* série, tome V, page A87 (septembre 1878).
{**) L'essai des minerais avant traitement vient seulement d'ôtre inauguré à New Almaden.
{***) Page a4.
96 GISBlIBIfrS DE lIERGimE
calibre et quant à la teneur, et comprend une certaine proportion de gros et de riches, fait assez rare en Gaii* fomie.
A la fm de 1876, l'usine de New Almaden possédait huit fours en opération, savoir : cinq fours intermittents, deux fours continus pour gros, un four continu pour menus.
Les fours intermittents sont de l'ancien système d'Idria, modifié en vue de réduire les frais de traitement et d'entretien. Leur nombre diminue à New Almaden, comme dans toute la Californie, où ils n'auront bientôt plus de représentant; ils sont remplacés avantageusement par les fours continus, qui ne grillent pas mieux, mais plus économiquement. — Les fours continus pour gros sont du nouveau système d'Idria, légèrement modifié. Le minerai à griller forme une colonne descendante dans une cuve verticale ; il est traversé sur toute sa hauteur par un courant inverse et ascendant de flammes, gaz et vapeurs. Ce système est très-recommandable, mais ne s'applique qu'à un minerai suffisamment gros de calibre. — Le four continu pour menus est d'invention américaine. C'est une sorte de four à cuve verticale, que les menus à griller remphssent, sauf de nombreux passages horizontaux, ménagés artificiellement pour les flammes au travers de la masse compacte et au contact du minerai; celui-ci subit d'ailleurs un rablage automatique lors de la descente de la colonne. Cet appareil ingénieux a réalisé un progrès considérable, en permettant de traiter tels quels les menus, qui devaient auparavant être agglomérés au moyen de terre et transformés en briquettes {adobes) {*). — La construction des nouveaux fours est fort soignée. Les fuites mercurielles par les fissures des parois sont prévenues au moyen de revête-
{*) D*autres fours continus et automatiques pour menus, fonctionnent aux usines de Redingtoo, de Sulphur Bank, etc.; ils sont appelés à se répandre de plus en plus en Californie, vue la proportU^ dominante des menus dans les minerais de ce pays.
DE GALIFORNIE. tj
ineiits métalliques étanches, et les pénétrations de mercure dans les fondations par interposition de plaques de fonte. La condensation des vapeurs mercurielles est, comme on sait, le point délicat de la métallurgie du mercure ; elle s'opère en Californie à F aide des appareils les plus variés;
* elle semble fort satisfaisante dans les nouvelles installations* de New Almaden. En tète de la série des appareils de condensation se trouvent une ou deux chambres en briques, avec soles et plafonds métalliques : elles résistent à la température élevée des gaz sortant du four; elles ofirent de grands volumes, où il y a détente, et par suite refroidissement et surtout dépôt des poussières entraînées; les plafonds servent d'aires de séchages. Puis viennent un ou ^ deux condenseurs en fonte, avec chicanes et circulation d'eau : ils offrent beaucoup de surfaces condensantes, et sont bons conducteurs de la chaleur ; vue leur place dans la série, ils condensent surtout du mercure et peu d'eaux acides, et, par suite, ne se corrodent guère ; mais ils étranglent le courant et doivent être en nombre très-limité. Le reste de la série comprend de grands condenseurs en bois et verre, aussi nombreux que le tirage le permet : les vapeurs mercurielles y séjournent longtemps au contact de carreaux de vitre multiples, qui, malgré leur nature et grâce à leur minceur, ont une action condensante trèsefficace, et qui sont inattaquables aux eaux acides. y A New Almaden, le tirage a lieu par cheminée. Il est fort
-^ent, ce qui est nécessaire pour une condensation et un dépôt satisfaisants du mercure, mais moins régulier qu'avec le ventilateur, lequel a été adopté par la plupart des usines californiennes.
Les fours intermittents de New Almaden sont capables, l'un de 100 tonnes, l'autre de 5o tonnes de minerai par opération. La proportion des briquettes de menus varie du quart à la totaliié de la charge. Supposant la totalité des charges en briquettes, rendant i p. loo de mercure, on
M eiSEMERIft HE mBGUU
trouvait, en 1&75, que le prix de revient moyen du mercure dans les cinq fours intermittents était de 3'44 pv kilogramme ; les frais de traitement par tonne de menus, traitée dans le four de 100 tonnes, étsdent de si ',35. En 1876, dans le même four, ces frais s'établissaient ainsi :
rraMs. I
• Par tonne de minerai ( Main-d'œuvre. ^,^7
non menu | Bds (à 8',6o le stère) 6,97
Total iG^&
^ Traitement proprement dit. . . . io,s4 Par tonne de menus. jFabrication et manutention des
( briquettes â,94
# Les fours continus pour gros traitent le minerai le pins
gros et le plus riche ; on prolonge le grillage et la condensation, et on ne passe que 10 tonnes par four et par 34 heures. En 1876, le rendement moyen en mercure était de 10,42 p« 100 du minerai traité, et les frais de traitement s'établissaient ainsi :
tnxLùÊ.
/Main-d'œuvre 2,71
Par tonne de gros. • j Bois (à 8%6 le stère) 2,63
\Goke (à 67', 60 la tonne. ...'.. i.oi
Par kilogramme de mercure produit • 0,07
Le four continu pour menus ne date que de la fin de 1876; pendant ses 39 premiers jours de marche, il a passé par 24 heures 24 tonnes de menus, dont le rendement moyen en mercure a été de 1 ,40 p. 1 00. Les frais de traitement s'établissaient ainsi :
^ ^ , \ Mam-dœuvre * 5,a5
Par tonne de menus. L. « /* «r ^ 1 *x- % r ««
Bois {à 8',6 le stère) 6,38
Total. 8,61
Par kUogramme de mercure produit. ............ 0,68
M càorwmÊ.
Le tableaa «uivant lésame les opératidBS àt Fusine de New Almaden pendant six années, de 1871 à 1876.