SCÈNE IH Les Mêmes, EL ESTAFADOR, les Enfants
EL ESTAFADOR, dans la coulisse de droite. Holà! mendiants! ailleurs qu'ici !
FERNANDO
Nous ne mendions pas, monsieur, nous offrons à vendre notre travail.
CASTELLANO, s'avançant.
Rentrez, mes enfants.
EL ESTAFADOR
Mendiants! loqueteux!
CASTELLANO, à José et Fernando.
Pourquoi tant de cris?
JOSÉ
Nous ne le savons vraiment pas. Nous présentons notre marchandise à monsieur...
FERNANDO
Et il nous a rudoyés.
EL ESTAFADOR
Je n'aime pas d'être importuné par des va-nupieds qui courent les rues.
CASTELLANO
Je suis le père de ces va-nu-pieds comme vous les appelez, monsieur. Je les élève dans la misère, c'est possible, mais leur misère est honnête. Si nous n'avons pas la richesse, nous avons le courage et la probité. Nous y tenons et mes enfants aussi. Grâce à Dieu, notre pauvreté nous donne plus de bonheur que ne le fera jamais une richesse mal acquise.
EL ESTAFADOR
Que voulez-vous dire, s'il vous plaît ?
CASTELLANO
Je veux dire, monsieur, et je le puis sans vous blesser, je l'espère, qu'il n'y a que les malfaiteurs qui aient peur des gendarmes...
EL entafador, sursautant.
Des gendarmes !
CASTELLANO
Et que notre conscience étant, Dieu merci, sans reproche nous ferons, au vu et au su de tous les passants, bon accu: il à ceux que j'aperçois là-bas. (Montrant à droite, au fond.)
EL ESTAFADOR
A des gendarmes ?
CASTELLANO
A des gendarmes...
EL ESTAFADOR, à part, qui a regardé dans la direction indiquée par Caslellano.
A mes trousses? Déjà? (// se sauve.)
CASTELLANO
Voilà un singulier honnête homme. {A José et Fernando.) Allons, mes enfants, déposez vos provisions et puis nous songerons à vous costumer. {Ils rentrent tous trois dans la voiture.)