‹ Les glaciers et les transformations de l'eauChapitre 26 sur 126 · MOUVEMENT DU GLACIER DE LÉCHAUD · texte numérisé non relu

MOUVEMENT DU GLACIER DE LÉCHAUD

Ligne KK' .

Poteau n* 1 2 3 4 5 6 7 8 9 )0.

Pouces 58 10 998697 6.

Ici notre conjecture se vérifie mieux encore, et la vitesse est même moindre que celle du glacier du Géant.

Mouvement du haut et du bas du glacier. — Il est donc bien prouvé que les bords d’un glacier, comme ceux d’une rivière, sont retardés dans leur marche par le frottement contre les rives. Mais la ressemblance ne s’arrête pas là. Le mouvement d’une rivière est retardé aussi par le frottement contre le fond. Deux observateurs, MM . Forbes et Charles Martins, s’accordent à dire qu’il en est de même pour un glacier. Mais leurs observations ont trouvé des contradicteurs ; nous n’en sommes que plus tenus de chercher des preuves décisives à cet égard.

Au mont Tacul (près du point a du plan, p. 81) un mur de glace d’environ 150 pieds de haut a déjà attiré notre attention . Se courbant pour rejoindre le Léchaud, le glacier du Géant s’écarte ici du flanc de la montagne, et nous présente une section de son épaisseur. Nous tentons d’en mesurer le mouvement au haut, au bas et au milieu, et nous échouons deux fois de suite. Une troisième tentative est couronnée de succès. Nous fixons un poteau au sommet du précipice de glace, un second à 4 pieds du fond, et un troisième à 35 pieds (11 mètres) du fond. Pour enfoncer ces ^eux derniers, nous nous exposons àrecevoir des boulders qui roulent d’en haut; mais à force d’adresse et de prudence, nous réussissons à mesurer le mouvement des trois poteaux. Voici leur vitesse par vingt-quatre heures :

LA MER DE GLACE

Poteau supérieur 6 pouces.

» du milieu 4-1/2 »

» inférieur 22/3 a

Ces mesures montrent d'une manière évidente le ralentissement dû à l’action du fond. Le bas du glacier n’a pas la moitié de la vitesse de la surface.

Compression latérale d’un glacier. — Munis des connaissances que nous ont données ces travaux et ces mesures, retournons à notre station de la Fente , au pied de l 'Aiguille deCharmoz. Lors de notre première visite, nous avons vu les moraines médianes du glacier, mais nous ne savions d’où elles provenaient. Nous savons maintenant qu’elles marquent la séparation entre le glacier principal et ses affluents. Considérons donc d’abord le glacier du Géant; rendons-nous compte de sa largeur tant qu’il est seul dans la vallée, et voyons combien cette largeur est moindre à Trélaporte. Le large courant de glace du Léchaud est encore plus surprenant, car, sur la Mer de Glace, il est réduit à une bande blanche étroite, entre deux moraines. Le Talèfre subit une compression semblable. Descendons maintenant, armés de notre chaîne d'arpenteur, et mesurons la largeur des affluents, et la compression qu’ils subissent à Trélaporte.

Voici les résultats obtenus :

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