‹ Les glaciers et les transformations de l'eauChapitre 57 sur 126 · THEORIE DE LA VISCOSITE · texte numérisé non relu

THEORIE DE LA VISCOSITE

queues de rat; la glace se fendra du haut en bas avec une cassure cristalline bien nette. Comment cette fragilité peut-elle s’accorder avec l’idée de viscosité?

En outre, nous avons été sur le glacier et nous y avons vu des crevasses se produire. Nous les avons vues commencer par des fentes étroites qui se formaient tout à coup; il fallait plusieurs jours pour les élargir de deux ou trois centimètres. Dans bien des glaciers on peut suivre des fissures étroites et profondes de plusieurs centaines de mètres à travers la giace. N’est-il pas évident que, si la glace possédait, même à un très-faible degré, la faculté d’extension qui caractérise une substance visqueuse, de telles crevasses ne pourraient se former?

Cependant, il est hors de doute que le glacier se meut comme un corps visqueux. Le milieu avance plus vite que les bords, la surface marche plus rapidement que le fond, et le mouvement du glacier dans une vallée recourbée correspond au mouvement d’un liquide. M. Mathews, M. Froude, et surtout M. Bianconi ont, en outre, fait tout récemment des expériences qui démontrent d’une manière frappante la flexibilité de la glace. Ces expériences méritent d’étre remarquées, et le seront sans doute plus tard.

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