DISTILLATION DE L'OCÉAN. — PLUIES TROPICALES
Distillation de V Océan. — Le soleil, nous le savons, n’est jamais exactement au zénith d’aucun point de l’Angleterre. Mais à l’équateur, et dans certaines limites au Nord et au Sud de cette ligne, le soleil, à certains moments * de l’année, se trouve exactement au zénith à midi. Ces limites sont le tropique du Cancer et celui du Capricorne. C’est sur la zone comprise entre ces deux cercles que les rayons du soleil tombent avec le plus de puissance ; car ils arrivent verticalement, et échauflent la terre et la mer plus que quand ils frappent obliquement.
Quand les rayons verticaux du soleil frappent la terre, ils l’échauffent, et l’air qui se trouve en contact avec le sol chaud s’échauffe à son tour. Mais l’air échauffé se dilate, et quand il se dilate il devient plus léger. Cet air plus léger monte, comme un morceau de bois plongé dans l’eau, à travers les couches d'air plus denses qui se trouvent au-dessus.
Quand les rayons du soleil viennent frapper la mer, l’eau s’échauffe, mais moins que la terre. L’eau échauffée se dilate, devient, par conséquent, plus légère, et, par suite,
reste à la surface. Cette couche d'eau supérieure échauffe, jusqu’à un certain point, l’air avec lequel elle se trouve en contact, mais émet aussi une certaine quantité de vapeur d’eau, laquelle, étant bien plus légère que l’air, aide celui-ci à s’élever. Ainsi, et sur terre et sur mer s’établissent des courants ascendants dus à l’aclion du soleil.
Arrivés à une certaine hauteur dans l’atmosphère, ces courants se partagent et se dirigent en partie vers le nord et en partie vers le sud ; en même temps, du nord et du sud un courant d’air plus dense et plus froid vient remplacer l’air chaud qui s’élève.
Ainsi s’établit dans l’atmosphère une circulation incessante. L’air et la vapeur de l’équateur forment un courant supérieur qui se dirige vers les deux pôles, tandis que l’air des pôles forme un courant inférieur vers l’équateur. Ces deux courants d’air s’appellent courant alisé supérieur et courant alisé inférieur.
Mais avant de revenir des pôles, l’air subit de grands changements. En effet, au moment où il quittait les régions équatoriales, il était chargé de vapeur d’eau, et cette vapeur ne peut rester sous la même forme dans les régions polaires. Sous l’action du froid, elle se condense et tombe, tantôt en pluie et plus ordinairement en neige. Les terres voisines des pôles sont couvertes de cette neige, qui donne naissance à de vastes glaciers, comme nous l'expliquerons tout à l’heure.
Il est indispensable de se faire une idée parfaitement nette de ce qui se passe dans ce cas, car on a souvent très-mal compris le rapport qui existe entre les glaciers et la chaleur solaire.
On a supposé que, si la chaleur solaire diminuait, il se formerait des glaciers plus étendus que ceux qui existent