‹ Les glaciers et les transformations de l'eauChapitre 7 sur 126 · DISTILLATION DE L’OCÉAN · texte numérisé non relu

DISTILLATION DE L’OCÉAN

actuellement. Mais la diminution de la chaleur du soleil ferait infailliblement décroître la quantité de vapeur d’eau, ce qui arrêterait la source même des glaciers. Un exemple éclaircira mieux encore ce que j’avance.

Dans le procédé de la distillation ordinaire, le liquide que l’on veut distiller est chauffé et converti en vapeur dans un vase, puis refroidi et ramené à l’état liquide dans un autre. D’après ce que nous venons de dire, il est évident que la terre et l’atmosphère constituent un vaste appareil de distillation, dans lequel l’océan équatorial joue le rôle de chaudière, et les régions glacées des pôles, celui de condensateur. Dans cette opération de distillation, la chaleur joue un rôle non moins nécessaire que le froid; et, pour que l’évêque Heber pût parler des montagnes de glace du Groenland, il fallait que d’abord l’océan équatorial fût échauffé par le soleil. Mais nous reviendrons encore sur cette question.

Expériences à l'appui. — J’ai dit que l’air échauffé se dilate; voici comment on peut procéder, si l’on tient à vérifier le fait. On prend un flacon vide, et l’on y adapte un bouchon traversé par un tube de verre étroit. En faisant chaufferie tube dans la flamme d’une lampe à alcool, on a pu le recourber de façon que, le flacon étant debout, l’extrémité du tube plonge dans un vase plein d’eau. Or, si l’on permet à la flamme de la lampe à alcool de lécher les parois du flacon, elle échauffera le verre, qui, à son tour, échauffera l’air intérieur ; alors celui-ci se dilate, passe par le tube étroit, et traverse l’eau en y formant une série de bulles.

Si l'air chaud était libre, il s’élèverait û travers l’air froid qui est plus lourd. Pour le prouver, projetons un rayon de soleil ou toute autre lumière intense sur un mur

ou un écran blanc, dans une chambre obscure. Mettons un fer rouge, une bougie allumée ou une flamme de gaz sous le rayon. Un courant ascendant s’élève du corps chaud et traverse le rayon lumineux, et l’action de l’air sur la lumière rend les ondulations du courant d’air parfaitement visibles sur l’écran. Quand l’air est assez chaud, et par conséquent assez léger, si on l’emprisonne dans un sac de papier, il l’emporte avec lui : c’est la montgolfière.

Prenez deux feuilles de papier égales, pliez-les en forme de cône, et suspendez-les, la pointe en l'air, aux deux bouts du fléau d'une balance de précision. Equilibrez exactement, puis mettez pendant un instant la flamme d'une lampe à alcool sous la base ouverte de l’un des cônes : l’air chaud monte et soulève immédiatement ce cône.

Sous un abat-jour de verre renversé faites entrer un peu de fumée. Laissez le mouvement de l’air s’arrêter, puis mettez simplement la main à l’ouverture de l’abatjour : l’air s’échauffe au contact de la main, et il se produit des ouragans en miniature. L’effet devient encore plus frappant, si la fumée est fortement éclairée.

Ce n’est qu 'indirectement que l’air des tropiques est échauffé par le soleil. En effet, les rayons du soleil peuvent à peine élever la température de l’air qu’ils traversent ; mais ils échauffent la terre et l’océan, et ceux-ci communiquent leur chaleur à l’air avec lequel ils se trouvent en contact. L’air et la vapeur s’élèvent, emportant avec eux la chaleur qu’ils ont reçue.

Pluies tropicales. — Mais la condensation a lieu bien avant que l’air et la vapeur de l’équateur n’arrivent aux pôles. Toutes les fois qu’un courant d’air humide et chaud se mêle à un autre courant sec et froid, il pleut. Et même

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