‹ Les glaciers et les transformations de l'eauChapitre 61 sur 126 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ici, mon ami, se terminent nos travaux. J’ai été réellement heureux de vous avoir si longtemps à mes côtés. C’est à la sueur de notre front que nous avons souvent atteint les sommets où nous appelaient nos études; mais je vous ai toujours trouvé ferme et actif, et prêt, dans toutes les circonstances, à faire usage de vos muscles au lieu de compter sur les miens. J’ai pu, de temps en temps, vous tendre le bras, et vous aider à monter sur une corniche; mais, après tout, vous avez bravement grimpé. C’est ainsi que je voudrais vous instruire toujours, en vous montrant comment il faut vous y prendre pour que le travail vous profite, mais en vous laissant faire le travail : j’aime mieux vous apprendre à surmonter les obstacles par vous-même, que les aplanir et ne vous laisser qu’un chemin facile.

Sur le roc et sur la glace, vous vou3 êtes toujours montré résolu, prudent, sans crainte, malgré une émotion bien naturelle ; et, ce qui est plus rare encore, vous avez déployé une persévérance égale dans le travail intellectuel. Dans ce livre, notre tâche paraît assez simple; mais

VEINES BLEUES DES GLACIERS

nou3 savons tous deux combien de fois il nous a fallu > lutter résolûment avec les faits pour en tirer la signification. Cependant, voici notre œuvre achevée : vous possédez maintenant un fragment de cette science certaine qui est fondée sur l’étude fidèle de la nature. Ne vaut-elle pas bien le prix qu’elle vous a coûté ? Ou plutôt, le paiement de ce prix — l’exercice salutaire, quoique pénible quelquefois, de l’esprit et du corps, sur les monts et les glaciers — ne constitue-t-il pas une partie de notre bonheur?

C'est ici que nous nous séparons. Et, si nous devons ne pas nous revoir, le souvenir de ces jours sera un lien entre nous. — Donnez-moi la main. — Adieu.

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