OBSERVATION III
Petit chien de race indéterminée, 5 ans. L'animal est présenté à la consultation le 2 mai 1932. L'’anus est encadré
par les orifices de nombreuses petites fistules d’où suinte un magma purulent ; l’une d’elle peut être sondée sur une profondeur de 2 cm. 5 environ ; le toucher rectal, d’ailleurs douloureux, permet de sentir l’extrémité de la sonde à l’intérieur du sac anal gauche dont le volume et la consistance sont considérablement augmentés. L'état général est peu satisfaisant : maigreur, appétit faible. Le propriétaire nous apprend que sa chienne a été traitée par un vétérinaire qui, à différentes reprises, a débridé les fistules et a conseillé les injections antiseptiques iodées et chlorurées dans celles-ci ; les résultats éphémères de ce traitement se sont toujours révélés incomplets. L'animal est hospitalisé. Opéré le 3 mai : anesthésie locale à la stovaïne. Après un massage des glandes qui provoque la sortie d’un petit flot de pus, nous pratiquons le curettage minutieux de la périphérie de la portion terminale du rectum et nous faisons l’ablation des deux glandes anales qui sont globuleuses et dures. Pendant l'intervention quelques proglottis de dipylidium s’échappent du rectum ; notre attention est éveillée par la concomitance, déjà remarquée, de l’helminthiase intestinale et de la suppuration des poches anales. La réparation est complète, en 10 jours les orifices des fistules sont refermées. L'animal est rendu à son propriétaire après avoir reçu per os deux grammes du mélange Camala-Noix d’Arec pulvérisée à parties égales, administration suivie de l’expulsion de plusieurs pelotes de dipylidium caninum.
Le 6 juillet nous rendons visite à notre opéré, il est en parfaite santé, l’état général est bon, la région périanale est nette.