OBSERVATION IV
Chien pékinois, 7 ans.
Amené à la consultation pour suppuration rémittente de la région anale. Depuis six mois des abcès apparaissent tantôt
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à droite, tantôt à gauche de l’anus : chacun d’eux est annoncé par une période de constipation et d’inappétence pendant laquelle les défécations sont douloureuses, puis le pus se fait jour à l'extérieur, au bout de 10 à 15 jours la cavité se ferme laissant une cicatrice fibreuse, puis quelque temps après un nouvel abcès apparaît. Au moment où l’animal nous est présenté, la sixième poussée suppurative se tarit. Température 38°9. L'animal est hospitalisé puis tuberculiné, ce qui nous permet d’écarter l’origine tuberculeuse de ces abcès à répétition. Le toucher rectal, peu douloureux, nous permet de sentir les deux masses hypertrophiées des glandes anales très adhérentes à la face profonde du tégument périanal. La compression de la masse gauche entre l’index engagé dans le rectum et le pouce à l’extérieur provoque l’expulsion brutale d'un petit jet de pus par le canal excréteur de la glande ; à droite la compression reste sans effet. L'animal est opéré le 25 mai 1932 : rachianesthésie, stovaïne 10 cg. La poche anale gauche vidée par un massage préalable ne renferme plus trace de pus, elle est noyée dans une masse fibreuse, le tout est disséqué puis extirpé rapidement, mais une petite hémorragie en nappe consécutive nous attarde un certain temps, elle cède enfin à la compression exercée par des tampons imbibés d’eau oxygénée. L’ablation de la glande anale droite, distendue par un liquide purulent, est pratiquée ensuite ; l'opération est marquée par un petit accident d’un enseignement précieux. En pratiquant la dissection de la masse à énucléer la paroi du rectum au niveau du sphincter interne se trouva évaginée dans la cavité opératoire par une traction faite, à l’aide de la pince à dents de souris, sur la glande anale rendue solidaire du tube intestinal par des brides fibreuses ; une hémorragie en nappe aidant, notre bistouri s’enfonça malencontreusement dans le rectum sectionnant le sphincter et ouvrant une petite fenêtre aussitôt fermée par quelques points de suture très rapprochés.
Les jours suivants les deux plaies chirurgicales se ferment rapidement, mais l’anus reste légèrement ouvert en perma-
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nence. Restitué à son propriétaire, l’animal nous revient quelques jours après « parce qu’il ne peut plus se retenir et dépose des crottes dans l’appartement bien qu'étant très propre ». La plaie du rectum est cicatrisée mais l’anus ne serre que très mollement le doigt explorateur, nous nous bornons à conseiller un régime riche en riz pour parer le plus possible aux conséquences fâcheuses de l’accident opératoire ; notre sujet est revu un mois après environ ; son sphincter a retrouvé toutes ses qualités contractiles probablement à la suite de la rétraction de la cicatrice fibreuse.