OBSERVATION VII
Chien berger allemand, 8 ans.
Amené à la consultation le 25 janvier 1933. De chaque côté de l’anus s'ouvrent deux abcès qui suppurent depuis plus de 15 jours ; en outre, l’animal s’amaigrit de jour en jour et présente une constipation opiniâtre. Le 26 janvier, le sujet est tuberculiné : aucune réaction.
Le syndrome coprostase éveille la suspicion d’hypertrophie de la prostate ; le toucher rectal ne permet pas de la mettre en évidence.
Traitement local par des irrigations antiseptiques afin de tarir le plus possible la suppuration en vue de l'intervention.
Opération le 31 janvier après rachianesthésie À la stovaïne (10 cg.). Les lésions importantes, certainement plus anciennes que le propriétaire le prétend, nous obligent à faire un délabrement considérable malgré l’état général peu satisfaisant du chien.
Nous n'avons malheureusement pas pu constater les résul-
ours
tats de notre intervention, car une palpation abdominale attentive nous fait découvrir le 2 février une masse dure grosse comme une mandarine sur le bord antérieur du pubis, masse que nous attribuons à une hypertrophie de la prostate sans que la radioscopie nous permette d'assurer notre diagnostic. L'état général ne s’améliorant pas nous conseillons au propriétaire la sacrification de son animal. L'autopsie nous permet de constater une énorme hypertrophie de la prostate qui explique la cause de la constipation et l’état d’auto-intoxication du sujet. Sur la coupe, la prostate présente un aspect sarcomateux ; il y a, en outre, une réaction ganglionnaire marquée. Le tube urétral est resté intact au milieu de cette masse laissant passage à l’urine.