PROSA
Cum vocabulis barbariœ Jam tabe tinctaB tam varié, Te cantabo, Baldelarie.
Nam saoie mixtâ spermati, Quam e profundo stillavisti.
OmDiDÔ sumus unguentati.
Et tamen hanc sitimus horam Quœ novi sœculi in coram Albescentem dabit auroram.
Idcircô a nobis amaris, Feminea figura maris, Dura dulcedo in amaris.
Spineti tui rosa et ros
Nos inebriant totiMn per os,
Subtiles simul ac Barbares.
Quisque clamât, quum ostentas cor Unde fluunt pus flensque liquor :
« Spero, nec non et derelinquor! »
Hinc cultus ad tuum cadaver Est andropogon seu vétiver, Donec ex eo vire&cat ver.
Interea tenemus altum
Procelloais ventis turbatam ;
Et, quum jam mergimur, surgis tum.
IX HONOREM BALDELARIl 81
Et per mare tenebrarum fis Stella poli carminum scaphis iMulticolorum polypsephis.
Quare, deitas invocanda, Hàc'voce putidâ, luridâ, Balbutiente singultim, da
Ut te, cum linguà barbariœ *•
Jam tabe tinctœ tam varié, Cantaverim, Baldelarie!
XYII ÉPITRE DA:^S le GOUT ANCIEN
Pourquoi, fou du grand Will^ j'adore La Fontaioe ; Pourquoi je ne prends pas une mine hautaine Devant Marot; pourquoi je me vais complaisant Jusqu'en ce polisson de Voltaire, à présent Aussi lugubrement éteint qu'il fut splendide, Mauvais poète, soit, mais conteur de Candide; Pourquoi, chérissant Bach, Beethoven et Wagner, Je pleure à chantonner parfois quelqu'anciea air Où le peuple ignorant a mis tout son génie; Pourquoi j'ai de ces goûts si mal en harmonie Avec mon ûer renom d'excessif à tous crins; Pourquoi j'aime la lyre et j'aime tels crincrins; Je vais te l'expliquer, ami qui t'en effares; Et pour ce, sans grands mots, ni tons crus, ni fanfares^
Dans un simple parler que l'on ne parle plus,' Ce soir, en invoquant nos vieux auteurs relus. Sous une vieille lanipe et sur un vieux pupitre, Ainsi qu'au bon vieux temps je rime celte épître.
A lorce de toujours voir le même horizon, îljarrive parfois qu'on se trouve en prison' Dans l'antique demeure aux douceurs familières. Toujours ce pan de mur garni des mêmes lierres; Toujours ce même chêne aux vieux bras crevassés, Où chaque avril ressemble à tant d'avrils passés! Quand, avec des amis sous son ombre on s'attable, Certes, le pain est bon et le vin délectable; Et, quoique le menu soit modeste et frugal, Certes, faute de mieux, on en fait son régal; Mais quoi! Ce pain, ce vin, ces fêtes coutumières, C'est comme l'horizon aux natales lumières, Dont on a trop longtemps admiré le décor, Trop, pour qu'à sa magie on soit repris encor.
Àhl partons! Qu'à nos yeux curieux se révèle, Sous des cieux moins connus, une terre nouvelle