‹ Les glas; poèmesChapitre 26 sur 48 · ÉPITRE DANS LE GOUT ANCIEN · texte numérisé non relu

ÉPITRE DANS LE GOUT ANCIEN

Pour rafraîchir un peu notre âme et la'^changer,

Communions avec Tâme de l'étranger!

Loin de nos vieux amis cherchons déjeunes hôtes I

Voici des bois plus noirs et des cimes plus hautes,

Et Tair semble plus fort que boivent nos poumons.

Saint, vierges pays! Comme nous vous aimons!

Comme votre soleil dans la mer agrandie

Croule en archipels d'or que sa pourpre incendie I

Combien dans vos soirs bleus les stellaires flambeaux

Sont plus nombreux, pluspursqueles nôtres, plusbeauxl

Quels palais, vos palais! Vos festins, quelle orgie!

Nos vins les plus fameux semblent de l'eau rougie.

Comparés à vos vins de jaunes incarnats,

Où de l'ambre et du feu flambent dans des grenats.

Et. ravi de sentir en soi cette âme neuve,

On mange à ces festins; ces vins, on s'en abreuve;

Et de ces horizons aux mobiles séjours

On s'emplit les regards rajeunis tous les jours;

Et chacun vous séduit; et chacun vous enivre;

Et l'on dit devant tous que c'est là qu'on veut vivre;

Mais nul, pour y mourir, n'est celui qu'on rêva ;

Et c'est plus loin, toujours plus loin, toujours, qu'on va

m LES GLAS

Tant qu'aprèB avoir fait tout le toar de la terre, Aucun ciel pour vos yeux n'ayant plus de mystère, On revient simplement au coin d'où l'on partit, Sous le cief qu'on voyait quand on étai* petit.

C'est l'antique demeure aux douceurs famiFièTes,

Le même pan de mur garni des mêmes lierres,

Le vien:x chêne, et la table où le couvert est mis

Pour le repas du soir avec les vieux amis.

Ah ! le cher horizon, qu'il vous est cher encore !

De tOTTB les souvenirs aimés il se décore.

A coup sûr, il est gris. Mais ce gris, qu'il est fin !

Le repas est frugal, oui ; mais comme on a faim î

Comme ce pain sent bon sur la nappe fleurie!

Comme ce vin clairet fleure bien la patrie!

Ah! les autres sont des alcools ou des liqueurs ; ■

Mais le vrai viu, le seul, celui qui dans nos cœurs

Fait naître desichansons de joie et d'espérance,

C'est toi, vin de soleil, vin de sang, vin de France!

Peut-être je m'eralte un peu plus qu'il ne faut ; El l'accent est trop fort, et le \^rbe est trop haut Pour rendre une pensée, après tout, si disr.rèfte. Bah ! qu'au nom de la [France on lève un brin la crête

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