‹ Les glas; poèmesChapitre 35 sur 48 · APPEL AUX PAPETIERS · texte numérisé non relu

APPEL AUX PAPETIERS

Nos gloires sur de mauvais papiers

En simili parchemin

Verront-elles les après-demains

Des époques épiées

Aux heures espérément futures

Des choses qui durent ?

Les retrourera-t-on telles

Que celles que cèlent,

Sans reliure à la tranche d'or,

Les journaux d'argile et de bitume

Où se posthume

Le chiffre de Nabuchodonosor ?

Je ne le pense pas ; et j'ai donc tort

Quand d'un gracieux vol

Je m'essore,

Fol,

Vers les cieux où l'avenir qui dole

En queue de chimère se mordoré.

Papetiers, papetiers,

Par pitié I

Des papiers encor plus forts

Que les briques de Nabuchodonosor I

YIII

MATUTINE

Les doigts du matin pincent Et mettent fil à fil en charpie Le manteau épais comme un tapis, Sous lequel la i\uit était tapie.

Les doigs du niitin pincent, Et le manteau peu à peu En devient de plus en plus mince.

11 était aussi noir foncé qu'on peut.

Il se fait violet, et puis bleu.

D'un bleu d'abord indigo un peu ; Mais la trame d'indigo s'émince.

Les doigts du matin pincent

La brume bleue qui pâlit En gris encore vaguement sali D'un fond de noir où s'oublie Le pan du manteau, mince, mince A présent comme un tulle vermeil, Que la journée qui s'éveille Va jeter en fumée au soleil.

Les doigts du matin pincent.

LA DIAiNE

Voici qu'à de nettes cadences Les mots veulent rjlhmer l«urs danses.

Nuit, chaos, vous vous écartez...

Les formes, les traits, les images, Les rimes aux complets ramages Viennent à moi dans des clartés.

Vieux vers aux innombrables mètres, Vers assouplis par tant de maîtres, Serviteurs patients et forts, Soldats à la mine hautaine Desquels on devient capitaine En y faisant quelques efforts,

Routiers que la gloire accompagne, Avec vous je tiendrai campagne, Toujours vaillant, toujours debout, Toujours le front dans la lumière, Ça, de mon étape première A la dernière, jusqu'au bout.

Et si, pour gagner la bataille, Ce n'est pas moi qui suis de taille A porter votre fier drapeau, Au moins dans ses plis que je garde Je prends de quoi mettre en cocarde Un ruban clair à mon chapeau.

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