‹ Les glas; poèmesChapitre 48 sur 48 · LANGE · texte numérisé non relu

LANGE

Statue aux chairs en purulence, Criant par gestes éperdus Sur un tombeau dont le silence Est fait de cris inentendus,

Ange à mon tour, en sentinelle Au seuil barré des paradis, Gardant la consigne éternelle Des secrets que je n'ai pas dits,

Ange qui ne peux plus les dire, Ces secrets qu'il comprendrait seul, Ange dont le zénith nadire Et dont le lange est le linceul,

Face aux prunelles agrandies Où tient l'orbe de l'univers.

Front auréolé d'incendies, Pieds de cadavre en proie aux vers,

Ange radieux et funèbre Dont la haine, folle d'amour, Boit tous les vins de la ténèbre Dans tous les calices du jour I

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