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XI. Seulle, au pont de Reviers

20-9-24, m. : 0,58. XII. Rû de Graye, le long du talus au nord de la route de Ver. 1-2-25, m. : 0,35.

XIII. Rû de Graye, à son croisement avec le vicinal de La Valette, perpendiculaire à la route de Ver.

XIV. Vieil abreuvoir de Vaux, à la porte nord de la nn 4-2-25; m. :-0,17.

Ces chiffres appellent quelques remarques, concernant d’abord la répartition topographique des différentes teneurs en chlorures.

a) En vive eau (1). — L'eau de mer, à marée haute, dépasse vers le Sud le bec de Brumarais ; des eaux à forte salinité (remontant plus loin dans le bras occidental que dans l’autre) envahissent les dépressions de Brumarais. À marée basse l’eau ne devient douce en aucun point de la basse rivière : la marée haute, en effet, atteint de si vaste surfaces et remplit d’eau salée un tel complexe de fossés, de mares, etc., que l’écoulement de tous ces réservoirs temporaires dure pendant toute la marée basse, n’est même pas terminé au début du flot, et empêche le lit mineur de pouvoir évacuer toutes ses eaux salées pour laisser la place aux afflux d’eau douce du bief supérieur.

b) En morte eau. — Les conditions sont très différentes : on assiste, à marée haute, à partir du chenal des jetées qui contient de l’eau de mer, jusqu’à la route de Bayeux où les deux bras de la rivière contiennent de l’eau douce, à une décroissance graduelle et régulière de la teneur en sel. Si, de l’amorce postérieure du bassin aux jetées, sur un profil en long de la rivière on trace un graphique, en portant les salinités en ordonnées, on aura en tous les points des valeurs égales et partant une ligne droite en vive eau, et, en morte eau, des chiffres décroissant d’amont en aval, donc une ligne ascendante partant par exemple de deux grammes par litre pour parvenir à vingt-neuf grammes dans le chenal. À marée basse le lit mineur ne contient que le maigre filet qui constitue le courant propre de la rivière : dans tout le secteur maritime l’eau est douce. Elle le serait sans doute même entre les jetées sans l’existence du ‘port ; même dans le chenal d’ailleurs la salinité reste faible, égale à la moitié de sa valeur en marée basse de vive eau. Aux autres endroits le rapport entre les salinités de morte et de vive eau est, au lieu de 1 à 2 (jetées) de 1 à 4 (route de Courseulles à Bayeux), parfois de 1 à 36 (marais de Graye, etc.)

Le phénomène des marées et le courant propre de la rivière, si faible soit-il, empêchent donc, bien entendu, que l’on ait affaire, dans l’estuaire, à un passage graduel et régulier entre l’eau douce et l’eau de mer : il n'existe pas de zone caractérisée par une salinité intermédiaire, dite «saumâtre », mais une zone à salinité variable, l’eau pouvant être, en un même point, douce à marée basse et océanique à marée haute (2).

.… (1) S'il est commode de diviser le phénomène de la marée en « vive eau » et « morte eau » il ne faut bien entendu jamais perdre de vue le fait qu'il ne s'agit simplement que de cas extrêmes entre lesquels existent tous les intermédiaires. i

(2) I faut admettre, semble-t-il, que le mélange des eaux, douce et marine, se fait toujours, vu le brassage énergique dû aux courants et le peu de profondeur du thalweg. Il est utile de citer ici la récente

ds

Plus le niveau bathymétrique occupé par une espèce dans le thalweg est élevé (ou : moins souvent celle-ci est atteinte par l’eau), moins cette forme est exposée à des variations de salinité : les derniers Fucus platycarpus (cf. p. 64), les Paragnathia adultes, les Corophium volutator ne sont atteints que par des eaux très chlorurées, pratiquement équivalentes à celles du large;

39 Température. — Les eaux de la région saumâtre présentent une température très variable, due, pour la rivière elle-même, à la variation considérable et rapide des profondeurs avec la marée, et, pour les flaques et fossés du schorre à la petite quantité d’eau contenue par ces dépressions insolées. La région saumâtre apparaît, dans son ensemble, comme une zone à grande variabilité thermique entre deux zones plus stables, la mer (1) et la rivière qui, ayant l’une et l’autre une profondeur constante, ne subissent que des variations saisonnières ou diurnes, peu étendues ou tout au moins ne se modifiant que lentement. La faune saumâtre permanente ne comprendra donc que des éléments essentiellement eurythermes : cependant il faut reconnaître que certaines catégories d'organismes ne subissent pas de fortes variations thermiques, par exemple les formes pénétrant dans la rivière avec le flot (poissons), et peut-être des types localisés à un niveau suffisamment élevé pour n'être atteint qu'à marée haute, par l’eau de mer à température pratiquement fixe ; il est vrai que dans ce dernier cas il s’agit d'organismes restant longtemps exondés et subissant parfois l'influence thermique de l’insolement (2), donc eurythermes encore ;

49 Substratum. — Entre les types purement planctoniques et les fouisseurs dont la localisation est sous la dépendance immédiate de la qualité du substratum, tous les passages existent, présentés par les formes nageuses et vagiles. Parmi les espèces animales benthiques, il faut distinguer avec ScxLienze celles dont la présence est liée à l'existence d’un substratum organique vivant et celles qui exigent un substratum non vivant, organique ou inorganique.

classification proposée par ScnLienze à la suite de ses observations sur la salinité de l’Elbe inférieur : 19 Eau douce : 0-0,50 0/00 NaCI ; 29 Eau saumäâtre : 0,5-18,0 0/00 ; a) Eau saumâtre intérieure : 0,5-1,0 ; b) Eau saumâtre extérieure : 1,0-18 ; 39 Eau de mer moyenne : 18-32 0/00 ; 40 Eau côtière (« Bankwasser ») : 32-34 0/00 ; 59 Eau de la mer du Nord : 34-35 0/00; 6° Eau océanique : 35 0/00 et au-dessus. 3 ; À (1) I ne s’agit pas, naturellement, des flaques de la zone intercotidale mais de la mer elle-même. (2) Les espèces qui habitent la vase des tangues dans le cours inférieur ne sont cependant pas exposées directement au soleil : toutes plus ou moins lucifuges et hygrophiles, elles trouvent assurément dans la vase elle-même une protection eflicace contre la chaleur et la lumière solaires.

J'énumérerai rapidement les principaux types de substratums susceptibles de localisations faunistiques :

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