L’AVANT-PORT ET LE BASSIN
Un puissant banc de sable, souvent encombré d’algues en putréfaction, étalé, le long de la jetée Ouest, dans le chenal, a rejeté celui-ci vers l’Est ; le courant, désaxé, suit à marée basse le pied de la jetée Est. Ce banc de sable, qui progresse d'Ouest en Est, prouve que l’action des vents dominants, tendant à déporter dans ce sens l’embouchure des rivières de basse Normandie, ne fait pas, même aujourd’hui, entièrement défaut à Cour-
(1) Ligia oceanica, souvent de très forte taille (jusqu’à 25 mm., uropodes exclus), parasitée par un Infusoire, Cothurnia ligiæ Cuénot, et un Nématode indéterminé. (2) J’ai trouvé des copulations en septembre.
seulles ; il n’y a donc pas lieu de rejeter pour le passé, comme on l’a fait, une cause encore à l’œuvre sous nos yeux.
En avant de ce banc, l’avant-port, puis le bassin, ont un lit vaseux, avec quelques cailloux dans la première de ces régions.
La cale sèche que l’on trouve, sur la rive gauche, à l’entrée de l’avantport, est d’une étude instructive, en ce sens qu’elle est le seul point de tout le district où, le phénomène de la marée se produisant le long d’une paroi rocheuse (la cale est pavée) de faible inclinaison, on retrouve quelques-uns des caractères observés par les biologistes sur les côtes rocheuses. Sur le sol de la cale on distingue, de bas en haut, les zones suivantes : 19 Fucus platycarpus (avec déjà des passages à F. ceranoides) ; 29 Pelvetia canaliculata, espèce représentée par quelques échantillons rabougris, les seuls d’ailleurs de tout le district ; 3° Salicornia sp. et Spergularia marginata ; 49 Obione portulacoides ; 59 Agropyrum pungens.
Dans l’avant-port, le lit mineur de la rivière est oriental, la partie occidentale du fossé étant occupée par des bancs de vase souvent mêlée d'algues marines apportées par le flot et se décomposant sur place. La grande violence du courant fait de ce secteur une région pauvre en organismes : sur les quais poussent quelques Fucus platycarpus et sur les pierres du fond (également sur les quais à partir du pont Letellier) F. ceranoides.
Le bassin du port, entièrement artificiel, porte sur ses quais une maigre ceinture de À. ceranoides. Il est actuellement, faute d’entretien, complètement envasé, la vase s’élevant maintenant sur les bords à peu de distance du quai et laissant, dans l’axe du bassin, un ruisseau assurant l’évacuation des eaux de l’amorce postérieure. Les vastes bancs de vase noire et fétide, émergés à marée basse (naturellement seulement lorsque l’écluse du pont tournant est ouverte puisque le bassin est « à flot ») sont couverts d’un voile ocreux, couleur de rouille, de Diatomées; seuls quelques crabes
ordinaires s’y aventurent.
49 La SEULLE, DU PONT LETELLIER AU PONT DE PLAISANCE
On doit distinguer, dans le cours de la rivière, un premier secteur qui forme une courbe à très grand rayon, de direction générale N.-W. — S.-E., entre son débouché dans l’avant-port et le barrage de Plaisance. Le caractère principal de ce secteur est le profond encaissement du lit mineur entre des berges escarpées, caillouteuses ; la puissance des courants de marée entretient l’aplomb des berges qu’ils rongent et s'oppose au jeu de la sédimentation vaseuse qui permettrait l’établissement d’un schorre étendu : il est
vrai que la rive convexe porte cependant quelques bancs de vase mais Ceuxci mêmes sont fortement en pente; les supérieurs portent le tapis des Vauchéries inférieures dont je reparlerai.
Je crois que l’aspect actuel de cette région est, en grande partie, artificiel, et dû spécialement au barrage même de Plaisance qui sert à lâcher dans le seeteur d’aval de violentes chasses d’eau.
Les caractères faunistiques sont en rapport avec les modalités physiques ; la faune est (exeeption faite pour les espèces nageuses pénétrant avec le flot) pauvre et ne comprenant pas d'éléments que lon ne retrouve plus haut ; la constitution des berges s’oppose ici à Pexistence d’une zone à Corophium et à Paragnathra.
Le lit étant callouteux abonde en algues, Confervacées (Enteromorpha intestinalis (CI) Link., Ulva lactuca L.\ et Fucus ceranoides sur les berges. Le F. platycarpus a presque entièrement disparu ; aux environs immédiats du pont Letellier les Fueus puissamment développés présentent tous les passages entre platycarpus et ceranoides (ef. p. 64).
Sur la nve gauche on trouve, en un point particulier, une certaine surface de schorre à Obione, Plantago, Cochlearia anglica. Sous une pierre, outre d’abondants Sphaeroma rugreauda, j'ai trouvé des Acariens, Æermannia reticulata Thor. (1), et un Coléoptère, Pterostichus oblongopunctatus F.
Sur la rive droite on n’observe que quelques maigres touffes d’Obione et, aussitôt après, des À gropyrum et la flore terrestre ; e’est sur cette rive que s'ouvrent les buses d’un certain nombre de parcs à huîtres abandonnés et plus ou moins envasés. Ces pares, au nombre de vingt, oceupent tout l’espace triangulaire Hmité par la rivière, aw Nord ; la route de Ver, au Sud; le mur de la propriété de Plaisance, à l'Ouest. Chacun d’eux est entouré d’une zone d'Obione, au-dessus de laquelle pousssent de nombreuses Spergulariæ marginata (dans les capsules desquelles, avant même leur déhiscence, j'ai trouvé, en septembre 1924, un Thysanoptère très abondant), des Plantago maritima, enfin les À gropyrum.
Outre les crabes et les Palæmonetes qui se concentrent à marée basse dans le peu d’eau qui subsiste au fond de la buse, on trouve dans les parcs Macropsis Slabberi (van Ben.) et Eurydice pulehra Leach que l’on voit nager avec une extrême vélocrté et des allures de gvrinide ; ces deux Crustacés sont d’ailleurs plus des visiteurs que des sédentaires (cf. p. 18)
(1) Fam. Oribatidæ, sous-fam. Damaeinæ: Trouvé en France pour la première fois par moi-même ; connu, au bord dela mer, en Angleterre, au Spitzherg, en Nouvelle-Zemble (ci. M. Axpré, Contribution à l'étude des Acariens de la faune française, Bull. Mus., 1925, n° 3, p- 245.)
Mercier à signalé, dans ces mêmes dépressions vaseuses, trois Diptères caractéristiques, Machærium maritimæ Hal., Hydrophorus bisetus Loew. et Ceratinosioma ostiorum Hal. (1).
59 La SEULLF, DU BARRAGE DE PLAISANCE AU PONT BE FER
Ce secteur présente un lit beaucoup moins encaissé que le précédent et des berges vaseuses où se développe le schorre à Obione ; par contre le bit mineur reste assez caillouteux et partant, propice à la végétation algique et à la faune concomitante ; le courant reste fort mais sans jamais devenir violent.
Sur les piles du pont de Plaisance, à la partie supérieure, poussent plusieurs Lichens, parmi lesquels Xanthoria parietina Ach. et Physcia stellaris Ach. var. leptalea D. C. Dans ces Cryptogames pullule un petit Acarien brun foncé, Notaspis lucorum Koch. (2). Plus bas, sur la paroi verticale, on observe quelques rares Ligies — les dernières — et quelques Balanus balanoides L. ; la présence de ce Cirripède en ce point est intéressante à signaler puisqu'il est considéré comme plutôt sténohalin et très sensible à la dessalure. À la base des piles et sur le radier du barrage les Algues sont nombreuses et robustes; on y trouve en particulier Cladophora rupestris (L.) Kitz., Callithamnion roseum (Roth) Harv., Pylaiella littoralis (L.) Kjellm. var. opposita Kjellm., ainsi qu’une très abondante Diatomée, Melosira Borrert Grev., qui forme de volumineuses colonies. Des lavages de Callithamnion roseum fournissent assez communément des femelles et de très rares mâles d’un intéressant Tanaidacé, Heterotanais Oerstedi Krôyer forme Oerstedi Monod (3). Au même point j'ai trouvé une fois un exemplaire jeune de Blennius pholis L., à marée basse, donc dans de l’eau douce.
Pour donner une idée des organismes qui habitent ce secteur de la rivière, je choisirai un point situé à peu près au sommet (septentrional) de la rive gauche {concave) du coude de Plaisance (4).
Ici le schorre atteint à peine quelques mètres de largeur. Un sentier longe la base d’un talus abrupt et sablonneux (cf. p. 55) et immédiate-
ment au sud du ehemain on trouve quelques Agropyrum et les Obione. En
(4) Sur la présence de Fucus platycarpus à l'origine des deux parcs septentrionaux, pide infra,
(2) Fam. Oribatidæ, sous-fam. Notaspidinæ. Découvert en France depuis peu seulement, à Orry- Ja-Ville, La Croix-en-Brie et Suey-en-Brie par M. Axpréet à Courseulles par moi-même. (Cf. M. Anpnré, Contribution à l'étude des Acariens de la faune française, Bull. Mus., 1925, n° 3, p. 243.)
(3) Le fait bien connu que ces Crustacés, parvenus à la surface de l’eau y demeurent sans pouvoir s'y enfoncer à nouveau facilite leur capture dans un cristallisoir. ? :
(4) Cette description s'applique naturellement à ce que l’on peut observer à marée basse. À marée haute, en vive eau, le sentier qui suit la berge septentrionale est, par place; inondé et l’on peut y voir évoluer: des Gobius et des Sphéromes.
un point bas, le sentier est humide : dans des matières végétales en putrér faction (laisse des marées de vive eau) on trouve d’abondants « asticots », larves de Scatophaga litorea Fal., Diptère en compagnie duquel on obtient, dans les élevages, un Braconide qui le parasite,
Sous les Phragmites que la marée échoue à la surface des Obione et qui entretiennent une forte humidité sous-jacente pullulent les Orchestia gammarella (Pallas) qui savent parfaitement grimper dans les Obione et que nous retrouverons ailleurs plus « arboricoles » encore ; les Sphæroma rugicauda Leach et les Alexia bidentata Mont. ne sont pas rares. Des Acariens rouges, Bdella vulgaris Herm., de jeunes Araignées, des Coléoptères
leL4
Fig. 4. Vancheria coronata Nordtedt, archégones et anthéridies. Courseulles, coude de Plais ance, à la base des Obione (1924).
se rencontrent également à la surface du schorre : nous les retrouverons à un niveau inférieur. La surface occupée par les Obione est plane, légèrement en pente, limitée du côté de la rivière par un à pic de 20 à 50 em. en moyenne, dominant les vases nues de la slikke. La croûte du schorre à Obione est recouverte d’un feutrage vert sombre de Vaucheria (V. coronata Nordstedt) où s’agitent des armées de petits Collemboles bleu noir, Xenylla humicola (O. Fabr.) ; sur les tiges des Obione l’élégante Bostrychia scorpioides (Gmel.} Mont., algue épiphyte, est commune.
Les Obione portulacoides portent des cécidies florales au sujet desquelles M. le professeur C. Houarn a bien voulu m'écrire : « La galle que vous m'avez
envoyée sur l’Obione portulacoides me semble être celle que l’on attribue à l’action d’un Acarien, l'Eriophyes Heimi Nal. (cf. C. Houar», Les Zoocécidies, 1908, t. I, p.395, n° 2222), d’après Krerrer, Synopsis des Zoocécidies d'Europe, 1901, p. 266 ».
Examinons maintenant la petite falaise de vase durcie qui limite le schorre du côté de la slikke. Cette zone «à Paragnathia » est sensiblement située à la limite du niveau inférieur des marées hautes de vive eau et du niveau supérieur des marées hautes de morte eau ; elle n’est pas touchée par l’eau pour des coefficients inférieurs à 60; elle l’est en partie de 60 à 75 et en totalité pour des coeflicients supérieurs. La «zone à Paragnathia » appartient à la deuxième zone de R.-Ph. Dorrrus, à Pelvetia canaliculata L. et Verrucaria maura Wahl.
C’est une masse anfractueuse, criblée de trous et de terriers et abritant une faune variée ; sa base, plus humide que sa partie supérieure, est formée d’une argile toujours gluante percée des mille galeries en U du Corophium volutator (Pallas) : dans cette zone habitent de nombreux Carcinus moenas auxquels l’on connaît depuis longtemps un goût marqué pour la vie souterraine et fouisseuse dans les estuaires. Ces crabes ont un ennemi redoutable en la personne du rat d’eau (Arvicola amphibius L.) dont la présence sous la berge est décelée par le craquement sec des carapaces qu’il brise.
La zone moyenne de la falaise est l’habitat typique d’un Isopode, Paragnathia formica (Hesse) dont j'ai donné ailleurs (1) une étude monographique complète. Outre cet élément très caractéristique du présent faciès, on rencontre, en effritant les blocs de vase, des Insectes (larves diverses, Dichirotrichus pubescens Payk., Cillenus lateralis Sam., Atheta (Halobrecta) puncticeps Thoms., Heterocerus minutus Kiesw., Pocadius sp. (prob. ferrugineus), Ochtebius sp.), des Acariens (Uropoda sp., Achipteria quadricornuta (Michael) (2), Zercon triangularis (Koch), un Collembole blanc fréquent, Onychiurus Lebilis (Moniez) (3), une Némerte, Lineus gesserensis (0. F. Müller), des Oligochètes, Halodrilus httoralis (O0. F. Müller) et Pachydrilus verrucosus Clap.
La slikke est ici une surface de vase nue entre la base de la falaise à Paragnathia et les Fucus ceranoides qui poussent sur des pierres, dans la
(1) Les Gnathiidæ, Essai monographique, Mem. Soc. Sc. Nat. Maroc, XIII, 1925.
(2) Fam. Oribatidæ, sous-fam. Oribatinæ. Achipteria quadricornuta (MrcmaeL). Déjà signalé en Algérie ét en Angleterre. « Je l’ai recueilli dans des mousses et sous des écorces d’arbres morts à Sucy-en-Brie (S.-et-O.) en mars et décembre 1923. » (M. Annré, in litteris, 20-2-25).
(3) Mes exemplaires ont été signalés par J. R. Denis, Sur la faune française des Aptérygotes (cinquième note) (Bull. Soc. Zool. Fr., XLIX, p. 555-556, 1924). L'espèce: a été trouvée dans une station très analogue, par Socreau», à l'embouchure de la Slack (Pas-de-Calais). :
VA
rivière. Sa largeur est très variable : au point qui nous occupe, elle est insienifante. La slikke porte un tapis plus ou moins dense de Diatoméeset de Cyanophycées. Des prélèvements de Diatomées eflectués dans cette région : a) enduit jaune brun en amont du barrage de Plaisance, b\enduit vert foncé, c) mare du schorre du marais de Graye, ont fourni les espèces suivantes : Navicula pygmaea Kütz., N. forcipata Grev., N. f. var. densestriata À. S., N. abrupta Greg., N. pusilla W. Sm., N. marina Ralfs, N. Grevillei Ag., N. ramosissima Ag., N. digitoradiata Greg., N. d. var. cyprina W. Sm., N.d. var. seychellensis CL, N. cancellata Donk., N. peregrina Ehr., N. distans W. Sm., N. ammophila Grun., N. a. var. intermedia Grun., Diploneis interrupta Kütz., D. Weissflogi À. S., D. didyma Ebr., D. splendida Greg., D. elliptica Kütz., D. crabo Ebhr., Stauroneis salina W. Sm., S. Gregorii Ralfs, Caloneis formosa Greg., Scohopleura tumuida Bréb., S.£. var. adriatica Grun., Pleurosigmabalticum W.. Sm., P. scalproides Rab., P. s. var. eximuum Thw., P. ditorale WW. Sm., P. :angulatum W. Sm., Amphiprora alata Kütz., Mastogloia exigwa Lewis, Amphora crassa Greg, A. ce. var. spuria CL, A. exigua Greg., A. pediculus Kütz., Achnantes brevipes Ag., A. bd. var. subsessilis Kiütz., Cocconeis scutellum Ehr., C.s. var. parva Grun., C. placeniula Ehr., C, p. var. lineata Ehr., C. molesta Kütz., C. m. var. crucifera Grun., €. pseudomarginata Greg., Berleleya rutilans (Ag.) Grun., Epithemia turgida Kütz., Nitzschia nasicularis Bréb., N. punctata W. Sm., N. panduriformais Greg., N. p. var. continua Grun., N. commutata Grun., N. hungarica Grum., N. acuminat& W. Sm., N. devidensis W. Sm., N. biobata W. Sm., N. b. var. minor Grun., N. paradoxa Gmel., N. epithemioides Grun., N. obtusa W. Sm., N. 0, var. soalpellifjormis Grum., N. lanceolata W. Sm., N. L var. minima Grun., N. sigma (Kütz.). W. Sm., N. s. var. rigidula Grun., N. insignis Greg, Hantzschia amphioxys Grum., Surirella salina W. Sm.. S. striatula Turp., $S. fastuosa Ehr., Campylodiscus Thureti Bréb., C. clypeus Ehr., Raphoneis surirella (Ehr.) Grun., À. amphiceros Ehr., À. a. var. rhombica Grun., Grunowiella para Grun., Synedra affinis Kiütz.. S. a. var. acus Grun., Grammatophora marina (Lyngb.) Kütz., G. serpenäna Ehr., Rhabdonema adriaticum Kütz., Cyclatella kützingiana Chauvin, C. striata (Kütz.) Grun., Stephanodiscus astraea (Ehr.\ Grun., Melosira sulcata Ehr., M. Borreri Grev., M. Westii W. Sm., M. nummuloides Bory, Biddulphia aurita (Lyngb.) Ag., B. pulchella Gray, B. rhombus (Ehr.)
W. Sm., Triceratium favus Ebhr., T. antediluvianum (Ehr.), Hyalodiscusstelliger Bail, Coscinodiscus radiatus Ehr., C. exentricus Eh.
Actinocyclus Roperit Bréb., Actinoptychus undulatus (Ehr.) Ralfs (1).
À Ja surface de la slikke, un jour ‘ensoleillé de septembre 1924, j'ai recueilli par milliers un petit Aptérygote d’un vert ohivâtre, Archisotoma Besselsi (Packard) (2). En profondeur une Annélide est excessivement commune (Nereis (Hediste) diversicolor O.F. Müll.).et, là où la vase est bien homogène et légèrement sableuse, la bèche ramène de nombreux échantilons de Serobicularia plana (da Costa) (— $S. piperata Gan.).
La mer «est basse, approchons-nous de la rivière. Le lit est semé de cailloux où poussent des algues, Entéromorphes (E. intestinalis, E. aff. margtnata), Ulva lactuca L. et Fucus ceranoides L.; on récoltera à ce niveau — c’est-à-dire dans de l’eau qui, à marée basse, est douce — les organismes benthiques suivants : Nématodes (Monohystera (Theristus) setosa Bütschli, Anoplostoma viviparum {Bast.), et une espèce caractéristique des régions saumâtres, Oncholaimus thalassophygas de Man), Oligochètes (Pachydrilus verrucosus Clap.), Gopépodes (Dactylopusia neglecta Sars) ; un Ostracode Loxoconcha svridis (Müll.) (= L. elliptica Brady) est très commun ; comme dans des Callithamnion du barrage on trouve, ici dans des Fucus ceranoides, Heterotanais Oerstedi ; Idotea viridis (Slabber) existe, mais semble rarissime puisque Je n’en ai Jamais découvert qu’un exemplaire. Le crabe commun est bamal, ainsi qu'un Amphipode marim, Melita palmata (Mont.) qui montre par sa présence en ce point de la rivière l’étendue de sa tolérance vis-à-vis des variations de salimté.
Parmi les formes nageuses il fant citer un Mysidé, Praunus flexuosus (0. F. Müller) Lieach, et un Palæmonidé, Palæmonetes varians var. microgenttor Bons qui était déjà, on s’en souvient, répandu dans les vieux parcs et-que nous retrouverons tel jusqu'aux mares du pré de Brumarais. Certains poissons (Clupea sprattus L.-et probablement Labrax lupus Cux.) ne pénètrent. jusqu'ici qu'avec le flot pour retourner à la mer avec le jusant. Si l’on excepte l’exemplaire tout à fait exceptionnel .de Blennius pholis capturé au barrage de Plaisance, il n’y a que trois poissons habitant véritahlement la Seulle à ce miveau : Gobius minutus var. microps Kroyer (ectoparasites : Gyrodactylus :elegans von Nordm., Paragnathia formica
(Hesse) — endoparasites : Scolex polymorphus auct. dans l'intestin; sous
(4) J'ai de plus récolté Tsthmia'enervis dans les Vaucbéries inférieures à l’origine de l’amorce postérieure du bassin,
(2) J. R. Denis a montré récemment qu’/sotoma pulchella Montrez est synonyme de l’espèce américainetet a signalé mes captures-en même temps que celles de Sorzeau», faites dans unestation comparable, à l'embouchure de la Slack (Pas-de-Calais). (Sur:la faune française.des Aptérygotes (cinquième note), Bull. Zool. Fr., XLIX, p. 565, 19244
la peau, allongé dans la région latéro-dorsale, on observe souvent un piérocercoïde de Bothriocéphalide), Anguilla vulgaris Flem. (ectoparasite : Paragnathia formica {Hesse) — endoparasite : Deropristis inflata (Molin) Odhner dans l'intestin), Pleuronectes platessa L. (ectoparasite : Paragnathia formica (Hesse) — endoparasite : Lebouria varia Nicoll):
Je signale ici quelques formes recueillies dans deux pêches planctoniques de jour opérées dans cette région : a) Noël 1921 : Ditylium Brightwelli (West.) Grun. ; b) 2 février 1925 : Biddulphia biddulphiana (Smith) Boyer, B. aurita (Lyngb.) Bréb., Ceratium fusus (Ehrb.), C. furca (O0. F. Müller), €. tripos (Ehrb.), Peridinium divergens Ehrb., P. conicum (Gran), Dactylopusia neglecta G. O. Sars, un œuf embryonné de Nématode, ovoïde, en « cocon », de 80 X 34 pu, etc.
Les vases du bord de la Seulle sont, en outre, fréquentées par deux oiseaux, Alcedo ispida L. (que l’on retrouve en amont, et qui apparaît, en aval, dès le pont Letellier), et Motacilla alba L.; on y rencontre également. deux Diptères, Ceratinostoma ostiorum Hal. et Scatophaga litorea Fal. qui se retrouve tout le long de la rivière au moins jusqu’à Brumarais ; j’ai été frappé du fait que l’on rencontre souvent cette mouche, morte, accrochée aux épis d’Agropyrum pungens qui l’ont capturée.
Un peu en amont du point que je viens de décrire, auprès d’un îlot à Obione, débouche par une buse, sur la même rive gauche, le ruisseau à marée de Graye (1) : ce ruisseau qui rejoint après des méandres complexes le système de fossés du Flouet n'appartient à la slikke que par ses quelques mètres inférieurs ; dès son premier coude on y trouve des Phragmites (avec Orchestia); à l’ouest du chemin de la plage de Graye on y recueille Ruppia rostellata Koch et, au niveau de la route de Ver, Gyrinus elongatus Aubé ; dans le même rû, le long de la route de Ver, au pied des Phragmites, j'ai observé (1° février 1925) de très abondants Monostroma quaternarium (Kütz.) Desmazières.
Entre la buse et le pont de fer il existe, entre le talus à Agropyrum- T'amaris et l’eau, un schorre linéaire très étroit où apparaissent en nombre Suaeda maritima Dum. et Aster tripolium L., sur lequel j'ai observé des pucerons soignés par Myrmica rubra lævinodis Nyl.
Sur la rive droite 1l faut signaler, au sommet du coude de Plaisance, une dépression du schorre où pousse une riche colonie de Salicornes (2) ;
(1) Sur la vase, à marée basse, juste au-dessus du pont, j’ai observé Araneus diadematus Clerck. (2} L'espèce est indéterminée; les jours sont loim où touteSalicorneherbacée était S. herbaceaL. et. Cuevazier (1922) signale sur nos côtes quatorze espèces et hybrides-du genre:
c’est là le seul salicornietum de l'embouchure de la Seulle. D’après des renseignements recueillis sur place, la rareté actuelle de la « criste marine » dans le district serait au moins, pour une part, le résultat des cueillettes intensives que l’on en a faites pour la consommation.
60 La SEULLE, DU PONT DE FER AU BEC DE BRUMARAIS
Ce secteur apparaît comme intermédiaire en quelque sorte entre un tronçon inférieur (de la mer au pont de fer) et une région supérieure très différente (du bec de Brumarais à l’eau douce).
Il se distingue du cours d’aval par : a) la constitution en majeure partie vaseuse de son lit et de ses berges (disparition des cailloutis du lit mineur); b) la raréfaction concomitante puis la disparition des Fucacées ; c) l’extension du schorre à Obione et l'apparition en nombre de plantes inconnues ou rares dans le secteur inférieur, Scirpus maritimus L., Plantago maritima L. (1), Triglochin maritima L., Juncus Gerardi Koch, Glyceria maritima Wahlb. (— Festuca thalassica Kunth), Statice limonium L.
Sous les pierres du pont de fer, à la limite du flot, on trouve en grand nombre Orchestia gammarella et Xenylla humicola; sous le pont abondent les Fucus ceranoides. Immédiatement en amont du pont, sur la rive droite, on trouve un schorre très court (la zone à À gropyrumse retrouvant bientôt de nouveau sur la berge) à Obione et Glyceria (Statice y est rare); le coude dit «du marais » présente une berge droite abrupte, par place artificiellement aménagée ; on y observe, en effet, un tronçon de digue et six épis sur les pierres desquels s’attachent des derniers Fucus ceranoides ; cette même rive, jusqu’au coude de l’îlot, présente par places de minuscules schorres à Obione, Aster, Glyceria, Plantago.
Sur la rive gauche du secteur se trouve le schorre étendu nommé «marais de Graye » ; celui-c1 est limité à l'Ouest par un talus à Agropyrum (2) ; l’ensemble forme une sorte de cap arrondi. En arrière du talus à Agropyrum, au point où celui-ci se coude à angle aigu, se trouve une mare rectangulaire bordée au Nord par un schorre en liseré, à l'Ouest par un schorre triangulaire ; ces schorres très réduits comprennent, outre Plantago, Aster, Glyceria, Suaeda maritima, une Cyperacée et Juncus Gerardi qui fait 1c1 son
apparition. Cette mare, où vivent des Corophium volutator, communique
(1) 2. m. var. Wulfenii Willd. et var. graminea Lam. | (2) Si, comme l’a noté Massanr, les Calamagrostis sont indemnes de Claviceps purpurea Tul., ce parasite n’est pas rare sur Agropyrum pungens.
avec la rivière par un rû creusé dans la vase du schorre proprement httoral, celui qui s'étend en deça des Agropyrum. Ce rù, d’ailleurs ramufié, divise ce schorre en deux parties inégales, celle du Nord, la plus réduite, ne comprenant guère que de luxuriants Obione avec quelques Glycerta. La division méridionale du schorre est plantée d’un gazon de Glyceria, qui passe vers l'Ouest à un tapis d’Aster (1) et de Plantago (2): plus rares sont Triglochin maritima, Suaeda maritima, Statice limonium, Salicornia ramosissima, Scirpus maritimus Li. (et sa variété compactus Krock). Les Obione se raréfient, on n’en trouve plus que quelques toufles isolées à la surface du schorre ou au pied du talus à Agropyrum.
Des mares dans le schorre sont riches en Diatomées : les Careinus n’y sont pas rares et les Sphaeroma rugicauda ÿ abondent. Sur la « tranche »
du schorre les Paragnathia restent communs.
70 La SEULLE, DU BEC DE BRUMARAIS A LA ROUTE DE COURSEULLES
A GRAYE
Le coude de l’ilot est un point dilaté de la rivière ; c’est là, en effet, que se réunissent les bras de Courseulles et de Graye, la pointe aiguë qui les sépare jusqu’au confluent étant l'extrémité Nord, le « bec » de Brumarais ; une petite ile à Scirpus maritimus et Atriplex latifolia se trouve dans le prolongement de ce cap.
Bien que ce secteur soit topographiquement très étendu et que, sur le: bras oriental, 1l puisse être subdivisé en deux tronçons différents ayant pour commune limite le moulin de Courseulles, il paraît indispensable de le considérer comme un ensemble unique ; c’est dans ce secteur que se trouve la limite, en amont, de beaucoup de formes (Sphaeroma, Paragnathia, Palæmonetes, Orchestia, etc.) et la limite, en aval, de formes duleaquicoles (Coléoptères, Hémiptères). Des caractères particuliers l’opposent d’ailleurs. à tous les secteurs d’aval :
19 Pénétration des eaux dans un réseau de fossés et de mares très étendu, irriguant un schorre immense (à Aster, Triglochin, Spergularia marina Bot... Glaux maritima L., Glyceria, Juncus Gerardi, Atriplexæ hastata L. (inel. À. oppositifolia), Plantago, ete.), envahi par des eaux à salure variable.
: (1) Ici, comme dans le reste du district, la variété à demi-fleurons avortés, Aster tripolium L. var. discoideus Rchb., n’est pas rare, au moins en septembre ; une forme couchée se rencontre aussi. (2) Sur Plantago maritima j'ai recueilli Chrysomela hæmoptera L.
baie. ..
Les schorres d’aval, toujours à peu près marginaux par rapport à la rivière à laquelle ils ne constituent qu’un étroit liseré, sont atteints par de l’eau de mer, où pratiquement telle ;
29 Apparition et développement d’un phragmitetum bordant la rivière elle-même ; om trouve, en effet, quelques Phragmites sur le rà de Graye à peu de distance de: som embouchure, mais nullement sur le bord de la Seulle proprement dite (cf. p. 47) ;
3 Apparition de plantes (Zanichellia, Ruppia, Chara, Carex, Glaux etc.) ;
49 Disparition de plantes (Obione, Fucus, ete.) ; 30 Disparition d'animaux (Alexia. bidentata) ;
69 Apparition d'animaux (Peringia ulvae (Pennant) Paladihle, Gammarus Duebenit Lillj., ete. et Insectes dulcaquicoles) où présence, pour certaines espèces existant ailleurs, d’une fréquence maxima, par exemple Sphaeroma rugieauda.
a) La rive droite du bras orvental, du coude de: l’ilot au moulin de Courseulles, et amorce postérieure du bassin. — Jusqu'à l’amorce postérieure du bassin on observe un hseré d’Agropyrum accompagné par une ceinture de Phragnutes jamais large et d’ailleurs discontimue. En arrière s'étend un schorre muxte à Agropyrum-Aster (Salicorria, Spergularva, Plantago). La mare: qui précède immédiatement l’amorce est mche en Scirpus, et au même mveaw, mais sur le versant du talus tourné vers la rivière, om observe les derniers Obione.
Toute la région présente à marée basse um lit mineur très étroit, encaissé entre des bancs de vase en pente : um peu au-dessous des dermers Phamérogames,, Ægropyrum ou Phragmites, on observe une: zone constante de Vauchéries inférieures (par opposition à la zome supérieure des Vauchéries qui tapissent. le schorre à Obrone) et renfermant, outre ces Siphonées, des Cyanophycées (Oscullatorra brevis Kütz, var. neapolitana Kütz., et Osc: amphibia Ag.) et toute une faune de Copépodes (Mesochra hirticornis Scott, etc.) de Rotifères et de Protistes qui mériterait une étude spéciale. Sous: ce feutre vert sombre la vase est noire. ,
À partir du coude du bassin le phragmitetum prend un développement considérable. La boucle circonserite par ce coude, outre de vastes surfaces de Phragmites et d Agropyrum, contient un schorre inondable par unebrèche ouverte dans le talus marginal à Agropyrum, sur la rive Est de l’amorce du bassin. Ce schorre typique (Scirpus, Aster, Plantago maritima Wulfenti, Spergularia, Glyceria) abonde en J'uncus Gerardi : on y trouve bien entendu
des Crabes et des Sphéromes, que l’on voit nager sur le dos dans les flaques, et qui présentent parfois de jolies variétés de coloration avec une ligne longitudinale dorsale jaune ou rougeâtre; Orchestia gammarella est commun, quoique l'espèce ne semble pas remonter plus haut : j'ai reconnu à ces Amphipodes la singulière habitude de grimper le long des joncs et de s’installer dans la sommité florale qu’ils dévorent: on peut voir ces Gammarides, «arboricoles » temporaires, réunis par groupes à la cime des J'uncus et regagnant le sol d’un bond à la moindre alerte, Il serait intéressant de s’assurer si, comme cela est probable, c’est également d’un seul bond, bien dirigé, qu'ils atteignent l’inflorescence,
La partie Nord du coude du château et la berge en amont jusqu’au château ne présentent plus que d’abondants Phragmites couverts, ici comme partout ailleurs, de sores d'Urédinées Puccinia phragmitis (Schum.) Kürn.
b) Brumarais. — L'espace à flore halophile nommé « Brumarais » (et plus anciennement « Brun maresq ») comprend tout le schorre entre les deux bras de la Seulle jusqu’au fossé double transversal qui le borne au Sud et le sépare de Sainte-Crotte.
Le Brumarais est un vaste schorre, qui abonde en fossés, mares et fondrières et présente par conséquent une certaine variété dans son peuplement floristique. Les À gropyrum occupent non seulement les talus mais de larges surfaces, parfois en colonies pures ; ils sont accompagnés de Beta maritima (1), et d’Atriplex hastata. Ailleurs ce dernier élément domune ; dans la région septentrionale de Brumarais, plus humide, on trouve d’importants peuplements d’Aster, Triglochin, Juncus Gerardi, Glyceria, Plantago; les Suaeda maritima sont plus rares. Dans la partie qui s’étend du fossé transversal simple au fossé parallèle double abondent les Spergulaires (Spergularia marina et S. marginata) et Glaux maritima, avec Triglochin et Atriplex, qui atteint son maximum de fréquence. Enfin, un peuplement triangulaire de Phragmites occupe l’angle sud-ouest de Brumarais.
Le moulin de Courseulles marque une limite bionomique importante ; dès qu’on le dépasse vers l’amont on trouve une mince bande marginale, séparée du schorre central à Atriplex par une chaussée à flore terrestre et plantée d’espèces hygrophiles ordinaires.
Les petites mares qui se trouvent dans cette zone, non loin du fossé double, renferment un intéressant mélange de formes marines et d’éléments
(1) I semble que la fasciation des tiges (déformation dont j'ignore l’agent) soit, dans tout le district, commune chez cette espèce, cette morphologie tératologique donne lieu à la constitution de très longues lanières aplaties, ayant jusqu’à 15 mm. de largeur.
déjà dulcaquicoles. Au bord poussent Juncus bufonius L., et Ranunculus sceleratus L.; l’eau est envahie par Zanichellia palustris L. (sens. lat., incl. Z. pedicellata Fries.) ou par Chara fragilis Desv. Les Sphéromes et les Hydrobies (Peringia ulvae) sont très communs ; on trouve aussi des Insectes (Notonecta viridis Delc., Arctocorisa lugubris Fieb., À. L. var. Stali Dgl. Sc., Agabus bipustulatus L., Haliplus lineaticollis Mrsh., larves d’Agrion), des Palaemonetes (petits), quelques Gammarus Duebeni et Gobius minutus microps ; j'ai récolté là, enfin, une jeune Nereis diversicolor.
Le fossé septentrional de la paire que j’ai nommée globalement « fossé double » est envahi par Ruppia rostellata Koch ; les Gammarus Duebeni, les Hydrobies n’y sont pas rares, comme aussi de petits Gobius et de jeunes Anguilles, mais les Sphaeroma rugicauda, représentés par des spécimens de taille très réduite, y pullullent littéralement. Un gros Ostracode caractéristique, Cyprinotus salinus (Brady) (— C. prasinus Fischer) est très abondant.
c) Sainte-Crotte. — Ce pré qui s'étend du fossé double à Scirpus maritimus à la route de Courseulles à Graye, consacre le passage définitif du schorre à la flore terrestre normale; quelques éléments (Aster, etc.) ont disparu, mais, outre les Agropyrum, on trouve encore en nombre Spergularia mrina, Juncus Gerardi, Triglochin maritima, Atriplex hastata.
Dans les fondrières du Nord où se raréfient les Sphéromes, les Gammarus Duebeni peuvent en quelques coups de troubleau être capturés par milliers. À la base des plantes, dans un feutre de Vauchéries, circule un petit Acarien noir, Sphaerozetes setosus (Koch), et le long de la rivière (bras oriental) on voit, aux marées de vive eau, courir sur l’eau douce qui envahit la prairie une araignée, Pardosa amentata CI.
Sous le pont de l'Est on observera un lit caillouteux à Entéromorphes, des Pleuronectes platessa, des larves de Chironomides, et des stades jeunes de Gastéropodes d’eau douce.
À l’angle Sud-Ouest du pré s’étale une forte colonie de Phragmites.
d) La rive droite du bras occidental, du moulin au pont. — En remontant vers l’amont on observe d’abord un phragmitetum littoral en arrière duquel un pré humide contient quelques halophiles (Triglochin, Scirpus maritimus), puis le bois atteint le bord de l’eau qu’il longe jusqu’à sa disparition à quelques ‘centaines de mètres au sud du pont; des Caltha palustris poussent au bord de l’eau et une petite source dans le bois, au sud du pont. contient des Gammarus Duebeni et une larve de Phryganide qui agglu-
tine sur son étui des Bithynella Ferussaci Desmoul.
54 TILÉODORE MONOD
e) La rive gauche du bras occidental, du bec de Brumarais au pont. — Ce bras a un développement beaucoup plus faible que son homologue oriental ; ne décrivant que quelques méandres peu accusés et n'étant pas interrompu par de bief d’un moulin, dl permet à des eaux de fortes salinités de remonter plus haut. À part un promontoire occupé par un schorre typique, à Aster-Glyceria et parfois un liseré de roseaux, cette rive est suffisamment élevée pour permettre à la flore terrestre mormale de la coloniser.
f) La Seulle au sud de la route de Courseulles à Graye. — Le schorre défini par la composition de sa flore et de sa faune a disparu ; la prairie reste basse et humide mais ne contient pratiquement plus d’halophiles.
Les eaux continuent à abriter um mélange intéressant de formes, faisant sentir que l’on se trouve em un point critique du district, où des types saumâtres — quelques-uns seulement — parviennent encore tandis que des formes d’eau douce s’y rencontrent déjà. Il y a, à ce point de vue, un fossé intéressant que l’on trouvera au sud du moulin de Grave, au pied d’une rangée de saules, à la base du talus escarpé qui hmite à l'Ouest la plaime alluviale. Sur les bordspousse une élégante Primulacée, Samolus Valerandi L.. Dans l’eau on observe des Confervacées (Enteromorpha 1ntestinalrs (L.) Link., Monostroma oxycoccum (Ktz.) Thur.), Lemna trisulca L., Gobius minutus maicrops, Peringia ulvae, Nepa cinerea L., Limnotrechus costae H. Sch., Textrix sp., Cyclops sp. (? C. bicuspidatus Cis. ou ??? C. buseosus Rchb.), Canthocamptus sp. (? C. pygmaeus Sars).
Une Grenouille (1) (Ranatemporaria) capturée dans tes parages le 25 septembre 1924 contemait les parasites suivants : Haplometra cylindracea (Zeder), Angiostoma nigrovenosum (Goeze 1800) Linstow 1882, deux 9 d’'Oxysomatium longespiculum Rail. et Henry 1916 (— Oxysoma brevicaudatum Scaneiner 1866), une © de Cosmocera ornata où d’Aplectana acuminata indéterminables en l’absence de mâle.
Plus au Sud les derniers éléments saumâtres disparaissent (il faudrait, sur le cours lui-même de la rivière, tenter de déterminer ce point, ce que l'étude de la végétation aquatique permettrait sans doute), et le faciès dulcaquicole normal s’installe, tel que je le décris plus bas (p. 61).
(1) J'ai examimé.également des Crapauds et ai trouvé, dans Bujo vulgaris Laur.:Scolex polymorphus auct., Acanthocephalus falcatus (Froel.), Oswaldocruzia filiformis (Goeze 1782) Travassos 1917, des femelles de Cosmoceraornatasou d’ Aplectanaacuminaiaindéterminables.en l'absence demâles, et Angios-
toma rubrovenosum( Schneider 1866) Linstow 1885, et dans Bufo calamita Laur. : une larve (Scolex) de Tétraphyllide. |
Qt
C) — Les faciès terrestres