LA FAMILLE
i-nnxpillrr, ijarde-marteau en la maîtrise des eaux et forêts de Rourmont. exposition que, par contrat autentique du qwitrr septembre de Vannée dernière il a acquis, à titre d'échange, de Henry Mcolas Franço'is Antoine de Moiiginot, rhevalier, seigneur de Concourt et seigneurie de Goncourt ; qu'il a ensuite obtenu de nous des lettres patentes confirmatires de ladite qcquisition...
« Fait à Bar, en notre dite chambre Cour des Comptes, et donné sous le scel ordinaire d'icelle, le treize août, l'an de grâce mil sept cent quatre vingt sept et de notre régne le quatorzième " 1^.
"Ces lettres d'entérinement et de confirmation de l'acte de vente consenti le A septembre 1786, au profit de messire Antoine Huot, ardère-grand-père d'Edmond et de Jules de Concourt, fixent la date d'entrée dans leur famille de la seigneurie d'oîi ils tirent leur nom. Ce nom leur a pourtant été deux fois contesté. En effet, la première édition du Dictionnaire des Contemporains de M. Vapereau renfermait une notice commençant par ces lignes :
« Goncourt (Edmond et Jules Huot, dits de), littérateurs français, nés à Concourt (Vosges), vers 182o... »
Les intéressés protestèrent contre les cinq erreurs nichées à plaisir dans ces deux lignes et ils obtinrent satisfaction. Mais, peu de temps après, M. Louis Ulbach, publiant, dans le Charivari, un nouvel article biographique, reprenait sciemment les inexactitudes qui avaient été rectifiées par un carton dans le Dictiotvïaire des Contemporains et amenait MM. de Concourt à écrire la lettre que voici au rédacteur en chef du journal:
(1) Papiers de famille des Concourt faisant pai-tie de la bibliothèque d'Auteuil. — Nous avons fait ici composer en italiques les ieltrcs autographes et les documents originaux inédUs.
« Jeudi, 13 janvier 1850.
Monsieur le Rédacteur,
« Nous avons connaissance, aujourd'hui seulement, d'un articledu Charirnri du 26 décembre 1 SoS, signé Louis l'ibach, et dans lequel nous lisons ;
« MM. Edmond et Jules de Goncourt, nés à Goncourt ; Vosges), s'appellent comme leur village, mais ils ont assezprotesté, dans les journaux, contre la témérité du Dictionnaire qui les accusait de pscudonymie pour que ce nom leur soit attribué'... »
« Ces quatre inipulations sont fausses :
<( 1" Nous ne sommes pas nés à Concourt. Nous sommes nés l'un à Nancy, l'autre à Paris. De ceci, nos actes de naissance font loi.
« 2° Nous ne nous appelons pas comme notre village; uous nous appelons comme notre père; nous nous appelons comme notre grand-père, membre de l'Assemblée conslituante de 1*89. De ceci le 3/o/n7eî/r et l'acte de naissance de notre père font foi.
(( 3'^ Nous n'avons jamais protesté, dans les journaux, (' contre la témérité du Dirlionnaire des Contcmixrralns. » Nous avons introduit une action civile contre MM. Hachette et Vapereau, pour le rétablissement de notre état civil. MM. Hachette et Vapereau nous avani proposé une conciliation, nous avons exisé comme réparation, outre un carton, la rectification de l'erreur nous concernant, errem- reconnue par MM. Hachette et Vapereau dans les quatre gi-amls journaux; et MM. Hachette et Vapereau ont jugé convenable d'arrêter notre action civili; par cette insertion. De ceci la correspondance de notre avoué et les faits font foi
« 4« Nous ne demandons pas qu'on nous altribue un nom ; nous entendons seulement qu'on nous laisse le nôtre.
« Nous pensons n'avoir pas besoin de requérir l'insertion de cette lettre dans votre plus prochain numéro.
« C'est dans cette croyance que nous sommes, monsieur le Rédacteur, vos très humbles et très obéissants serviteurs. « Edmond et Jiles de (îo.ncoirt. »
Sur Messirc Antoine Huot, acquéreur, par échange, de la seigneurie de Goncourt, les documents nous manquent. Il eut pour fils Jean-Antoine, né le 15 avril