LES YEUX
IL est un œil si doux et si plein de candeur
Qu'on dirait une étoile en la nuit presqu'éteinte.
La mer au fond d’un autre a mis sa fauve teinte.
Un troisième est fait d'ombre. Et tous ont leur splendeur.
Sous leurs cils veloutés il n’est pas de froideur Quand le cœur aime. Et nul ne peut fuir leur atteinte. L'âme vibre bientôt comme un métal qui tinte, Quand ils plongent brülants jusqu’en sa profondeur.
L'œil d'azur est rempli de promes es suaves ; L'œil noir semble parfois foudroyer ses esclaves ; Comme la mer l'œil gris a d’étonnants réveils.
Et ces yeux, si divers par l'éclat et le charme, Seront plus beaux encore et deviendront pareils Quand ils regarderont à travers une larme.
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