‹ Les gouttelettes [microforme]Chapitre 94 sur 158 · FENAISON · texte numérisé non relu

FENAISON

Les baisers du soleil endorment le foin mûr,

La feuillée odorante et le flot d'émeraude.

L'insecte crie et trotte, et le moineau maraude Pour nourrir ses petits nichés sur un vieux mur.

Î Le paysan se hâte. Il fauche d'un bras sûr. ! Il rit au mil pesant, et souvent son œil rôde | Pour voir si la prairie a retenu, par fraude, | La marguerite blanche et le bluet d'azur.

L'air est tout embaumé. L’herbe que la faux coupe EÉnivre l'ouvrier comme une pleine coupe,

Et le champ large et nu garde encor des splendeurs.

Comme le foin tombé sous l'acier qui le fouille, L'âme du malheureux que l'épreuve agenouille Î { Autour d’elle répand de suaves odeurs.

SONNETS RUSTIQUES

8 essais ls

miss

Les champs où les troupeaux s'en allaient festoyer,

titan sine tre

Sont nus. Rien ne fleurit. Tristement l'agneau bêle. À pleurer comme un glas la clarine se fèle,

On voit sur les chemins la poussière ondoyer.

Un souffle desséchant ne cesse d'aboyer.

Les ruisseaux sont taris. L'äpre chardon se méle, Sur les maigres sillons, aux tiges du blé grêle, Et partout le soleil se plait à flamboyer.

Mais si le ciel serein pleuvait sa fraîche ondée, La terre, qui gémit comme une infécondée, Verrait de beaux épis hérisser le labour.

Quand l'espérance en Dieu nous semblera périe, Dans l'âme desséchée ainsi que la prairie

Nos pleurs fr"nt germer une moisson d'amour.

SONNETS RUSTIQUES

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