A UN POMMIER
AUx amis comme toi, c'est un culte qu’on voue. Je t'ai vu bien petit et te voilà bien grand ; Mais quand j'y pense un peu, cela ne me surprend, Car moi-même en effet j'ai vieilli, je l'avoue.
emma.
Au sol qui t'a vu naître un sort béni te cloue.
Tu ne sais rien du mal que là-bas on apprend.
Sous tes rameaux fleuris l'oiseau chante. Il comprend Que ta feuille tressaille au nom du Dieu qu'il loue.
As-tu prêté souvent ton ombre aux malheureux ? Pere As-tu laissé tomber tes blanche ‘1rs sur eux? As-tu vers. le baume à l'âme travassée ?
À qui manquait de pain ton fruit s'est-il offert ? Mais que vois-je pourtant? Une branche cassée ?...
Ton cœur, comme le mien, vieil arbre, a donc souffert ?