‹ Les gouttelettes: sonnetsChapitre 122 sur 154 · PREMIER BAISER · texte numérisé non relu

PREMIER BAISER

Pourquoi dire cela s'il n'en est pas besoin?. . . Un nuage, au couchant, semblait un banc de craie, Et, perçant la ramure, une éclatante raie Argentait un ruisseau qui se perdait au loin.

Nous marchions au soleil, dans les fleurs et le foin, En causant tendrement de notre amitié vraie.

Nos cœurs étaient pareils à des blés sans ivraie. De nos graves serments un oiseau fut témoin.

Elle prit au buisson une blanche églantine, Et la baisa disant d'une voix enfantine:

— C'est comme une autre bouche, et combien pure, va !

Et moi, je répondis, d'une âme un peu tremblante,

En effleurant sa lèvre où le mot s'acheva : [blante 1

— C'est comme une autre fleur, mais combien plus trou-

l8o SOUFFLE D'AMOUR

Page 1