L'UNIVERSITE
(A Mgr Mathieu)
C'EST l'atelier mystique où s'apprend le devoir, Le nid d'où l'aile vole à l'immortelle sphère. Quand sort le bachelier, ses hauts châssis de verre Semblent des yeux aimés qui s'ouvrent pour le voir.
Ce que savent ses murs je voudrais le savoir. Ils ont l'auguste aspect du temple qu'on révère. Aux thèses d'un docteur, aux stances d'un trouvère Leur âme de granit sait parfois s'émouvoir.
Et quand sonne l'appel, comme en d'étranges rêves,
On voit de toute part accourir les élèves,
Tout pleins, jeunes et vieux, d'un même doux émoi.
Et l'on entend monter du grand laboratoire, De l'étude enfiévrée et du saint oratoire, Lç vol de la science et l'hymne de là foi.
IAURIER
Grand citoyen, salut! Quelle douce clarté, Comme un reflet du ciel, baigne ton front austère? Tu reviens triomphant, et le trait du sectaire Devant tant de valeur soudain s'est écarté.
Salut! Le peuple heureux t'acclame avec fierté. De nos brillants destins Dieu t'a fait mandataire. Sur les arpents de neige insultés par Voltaire, Avec les blés nouveaux, fleurit la liberté.
La foule t'applaudit, les rois t'ouvrent leur porte. Poursuis, vaillant lutteur, ton droit chemin, et porte Le drapeau de la gloire avec humilité !
Que l'envieux se cache et dévore sa honte ! [monte,
Les grands hommes, Laurier, font les grands peuples, Sur l'aile du génie, à l'immortalité !