‹ Les gouttelettes: sonnetsChapitre 4 sur 154 · LA MER MORTE · texte numérisé non relu

LA MER MORTE

Près des monts de Judée, arides, sans fraîcheurs, Et des monts de Moab aux sèves fécondantes, L/Asphaltite maudit berce ses eaux mordantes, Où jamais ne tomba le filet des pêcheurs.

Les rocs nus sont rayés de sinistres blancheurs. Serait-ce un reste froid de vos cendres ardentes, Impudiques cités? Les vagues abondantes Ont-elles pu laver le front de vos pécheurs ?

La vie a-t-elle là placé l'ultime borne ?

Nul chant n'y réjouit la solitude morne ;

À ne fleurir jamais ces bords sont condamnés.

Dors en ton gouffre amer, sur ton lit de bitume ; Ta coupe est décevante et pleine d'amertume. . . N'es-tu pas faite, ô mer! des pleurs de tes damnés?

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