‹ Les gouttelettes: sonnetsChapitre 48 sur 154 · A MES ENFANTS · texte numérisé non relu

A MES ENFANTS

Vivre, enfants, c'est aimer et souffrir un instant. Vous cherchez le plaisir et le plaisir vous lasse ; De ses mailles de fer la douleur vous enlace ; L'esprit est curieux et le cœur, inconstant.

Le spectacle du monde est souvent attristant. Mainte fois le cœur chaud se heurte au cœur de glace. L'intrigant mainte fois s'assied à votre place ; .L'un se gave au banquet, l'autre n'a qu'un restant.

Mais le travail est bon. Penchez votre front blême Sur la glèbe maudite ou l'aride problème ; Le travail est lin bien et non un déshonneur.

Le succès vient toujours lorsque l'on persévère. Enfants, n'ayez point peur de monter au calvaire, L'épreuve fortifie. . . Ayez peur du bonheur.

ATT FOYBB 85

A JEANJtfARCEL LE MAY

(Mon potit-ftli)

V oi*ez, douces chansons, autour de son berceau. Plein de molles lueurs, son œil vient de se clore. Que nul souffle mauvais n'agite ou ne déflore La vertu de l'enfant, la fleur de l'arbrisseau !

A quoi peut-il rêver ? A la balle ? au cerceau ? Il ne sait point courir. Aux fleurs qu'il voit éclore? Aux baisers de sa mère? A l'ange qu'elle implore? Il rêve à ces jouets qu'on entasse en monceau.

Et quand il sera grand, d'autres jouets, sans doute, L'amuseront encor. Ceux-là, qu'il les redoute... C'est l'amour, c'est la gloire, ou l'or aux reflets doux.

Jusqu'à ce que surpris de l'humaine ignorance, Dans une heure d'angoisse, il les brisera tous, Pour n'en garder qu'un seul peut-être: l'espérance.

86 AU FOYEB

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