‹ Les gouttelettes: sonnetsChapitre 49 sur 154 · A JEANNE-MARCELLE ST-JORRE · texte numérisé non relu

A JEANNE-MARCELLE ST-JORRE

(Ma potiU-ftlU)

Que ta main rose joue avec ma barbe blanche, Je te tiens sur mon cœur, tu n'échapperas pas. Et puis, ferais-tu bien toute seule deux pas ? Reste comme une fleur sur une vieille branche.

Menace si tu veux ; mets le poing sur la hanche ; On ne peut effrayer un grand-père. En tout cas Je puis lutter encore, et je ne suis point las De voir luire en tes 'yeux ta petite âme franche.

Tu veux toucher à tout. — N'est-ce pas vrai, voyons? Même à l'étoile vive, à l'éclat des rayons.

Serais-tu curieuse autant que grand'mère Eve?

Ce sont là des jouets d'anges ; voici les tiens. Mais tu cherches ailleurs depuis que tu les tiens. . . En commençant la vie on commence le rêve.

AU FOYBB 87

EPANGHEMENT

Frappe donc, ô douleur I frappe donc sans merci I Je suis comme un métal soumis au martelage.

J'ai traîné mes regrets loin de mon cher village, Et j'ai vu chez les grands plus d'un cœur endurci.

Peut-être qu'on va rire en entendant ceci, Et croire que je fais de mes maux étalage.

En se communiquant la peine se soulage ; Dites-moi, cœurs broyés, s'il n'en est pas ainsi ?

L'illusion s'envole et nul mal ne m'étonne.

De cheveux blancs déjà ma tête se festonne; Les nœuds les plus étroits doivent se délier.

Je ne jetterai plus ni plaintes ni sarcasmes.

Je veux sourire encor. La terre a des miasmes,

Mais elle a des parfums qui les font oublier.

88 AIT FOYEB

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