LA GROSSE GERBE
C'est la serrée enfin, le grain est javelé.
Béni le front soumis que la sueur arrose !
La lumière s'étend comme une nappe rose Sur le moissonneur humble et le champ nivelé.
Chaque automne, chez nous, on a renouvelé Cette fête où jamais aucun front n'est morose. Aux rustiques beautés, alors, plus d'un gars ose Faire un aveu que l'oeil a déjà révélé.
Il faut avec deux harts lier la grosse gerbe. Choisissez les épis et faites-la superbe ; Couronnez-la de fleurs, parez-la de rubans.
Qu'elle entre dans la grange au son des tambourines. Chantez, parlez d'amour, ô lèvres purpurines, Et plus tard, à l'église, on publiera des bans.
14^ SONNETS BUSTIQUES