‹ Les gouttelettes: sonnetsChapitre 97 sur 154 · FRUITS MURS · texte numérisé non relu

FRUITS MURS

C'est août qui flambe. Au bois comme au champ tout Le sauvage raisin offre son jus qui grise; [est mûr.

Le soleil a pourpré la pomme et la cerise ; La ronce est toute noire et l'airelle est d'azur.

Fruits mûrs les seigles blonds que fauche l'acier dur, Les vierges du foyer dont l'oeil doux électrise, Les brillants papillons dont le jardin s'irise, Les oiseaux dont les nids chantent le soir obscur.

Et sous les grands vergers que la lumière lustre, Dans l'enivrante odeur, fruit mûr le poupon rustre Qu'une mère caresse et fait boire à son sein.

Ah ! sur ma lèvre et dans mon cœur, quoi qu'on en dise, Devant tant de fruits mûrs qui s'offrent à dessein Je sens se réveiller l'antique gourmandise I

Page 1