LA TRAVERSEE
C'DST l'automne et déjà tout se flétrit. Alerte, L'oiseau vient de quitter son doux nid de duvet, Son nid qui chantait tant quand l'aube se levait. Et vers des deux nouveaux son aile s'est ouverte.
La voile sur le mât ne tombe plus inerte. Loin des tranquilles bords oii mon âme rêvait, Dans le brouillard qui semble un funèbre chevet, La voile a disparu là-bas sur la mer verte.
Le flot gronde toujours, le ciel se rembrunit. Qu'importe au voyageur dont la course finit Que le matin soit loin et que le jour décroisse?
Comme l'oiseau qui fuit vers un soleil lointain. Et la barque qui cherche un refuge incertain. On traverse la vie au milieu de l'angoisse.
2l8 SUR LES EAUX
LrE I^ABOURKUR ET LE MARIN
— Sur les champs où mes bœufs traînent la lourde herse, Les grains mûrs pencheront leurs épis veloutés.
— Ouvrant de longs chemins dans les flots redoutés, J'emporte les moissons qu'un ciel heureux te verse.
— Dans l'herbe, sous mes pieds, je vois la fleur qui perce. Et j'entends les oiseaux dans les rameaux voûtés.
— Les chants moelleux des bois ne sont guère goûtés Quand sifflent les haubans et que la mer nous berce.
— Mon sommeil est paisible et mon réveil, joyeux ; Puis, quand derrière moi se fermera ma porte,
Je m'en irai dormir où dorment les aïeux.
' — Mon sommeil est béni, car chaque nuit m'apporte. Dans un rêve enivrant, la femme et les marmots . . . Il se mit à pleurer après ces derniers mots.
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SPOBT 221