‹ Les gouttelettes, sonnets [par] Pamphile LeMayChapitre 90 sur 149 · LA FORET · texte numérisé non relu

LA FORET

Elle semble un grand lac aux immobiles eaux. L'horizon bleu la borne, et nul ne sait son âge. 11 y flotte parfois un vol lourd de nuage, Et la voile qui s'ouvre est l'aile des oiseaux.

Elle a des pins altiers ; elle a d'humbles roseaux. Des rayons de lumière où le papillon nage. Des effluves grisants, des odeurs de carnage Et de fauves sentiers où blanchissent des os.

Quelquefois, au-dessus de ses noires ramures, Luisent des clochers blancs, admirables jalons Que laisse sur sa route un peuple de colons.

Forêt, quand tu te plains, frissonnes ou murmures. Quand tu grondes, gémis ou chantes, l'œil humain Voit un clavier ?ublime où Dieu nosç la main.

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