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Les Grandes Ascensions Maritimes

Commencée depuis longtemps à la suite <Je la catastrophe du malheureux Powell, cette étude a été terminée spus l'impression des sentiments d'admiratiçn réellç, que nçus avons éprouvée en apprenant, Le bea,u succès obtenu clans les airs par le colonel Buruaby, commandante le régiment des gardes bleues de la reine d'Angleterre. Elles lui sont envoyées, en souvenir de l'ascension à laquelle nous avons participé çnsçmble, lorsque le peuple anglais célébra au Parais de Cristal de Londres le sauvetage miraculeux de M. et de M me Duruof, arrachés aux flpts de la mer du Nord par le courage de deux matelots augUus.

Ce qui touche^ les a^ronautes daus cette expédition ce n'est pas la traversé? de la ï(fanche, déjà accomplie, que la manière remarquable avec laquelle toutes les m^nepuvres ont été exécutées afin de concourir à l'accomplissement d'un but nettement défini. Que ce twt a^it de s'approcher d'une ville, de

déterminer la nature ou la vitesse d'une couche d'air, la configuration d'un astre, ou de porter au dehors d'une ville assiégée les ordres du gouvernement, l'aéronaute a mille moyens de se distinguer également, pourvu que ses facultés aient été concentrées vers l'accomplissement d'un problème nettement posé connu à l'avance et qu'il ait obtenu la sanction du succès. Car nous nous sommes trop, habitués, en France, depuis nos malheurs, à rendre hommage au courage malheureux. Un aéronaute, comme un homme de guerre, n'est accompli que lorsqu'il obtient la sanction de la victoire. Ace double point de vue le colonel Burnaby doit êtrj considéré comme un modèle accompli. Puisse son exemple, pour emprunter une expression à un grand orateur qui dans les airs comme à terre fut un grand citoyen, inaugurer dans la région des nuages Ja politique des résultais.

L'ascension du colonel Burnabv vient couronner admirablement l'édifice des expériences récentes dont nous préparions le récit et qui toutes ont eu leur dernier acte d'une façon plus ou moins intime dans les flots de cette belle mer avec laquelle les aéronautes finiront par se familiariser, et qui, quoique semblant séparer les deux plus grandes nations de la vieille Europe, est peut-être ce qui les rapproche le plus.

Heureuse la reine qui a de si intrépides gardes du corps et do si vaillants ingénieurs militaires !

• Heureux les soldats dont les chefs occupent leurs loisirs à de tels passe-temps et qui apportant dans

les airs toute l'énergie de leur race, auront peutêtre l'honneur d'être les véritables fondateurs du sport aérien.

Aujourd'hui, la vieille aristocratie anglaise semble vouloir conquérir le spectre des airs, espérons que notre jeune démocratie saura le leur disputer fraternellement, noblement, en exécutant d'autres expériences peut-être dans des régions différentes, peut-être dans les mêmes zones, mais en tout cas avec une sagesse égale, une fortune pareille et un semblaMe sang-froid.

LA

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