Voy. ci-dessus, p. xi, u
INTRODUCTION. xiii
bien connu. Or, un article de ces dépenses est ainsi libellé : « Item, pour les hez (ais) et chemises des croniques de France et de celles que a faittes nostre amé et féal chancellier (Pierre d'Orgemont), pour deux volumes pour nous, une pièce de baudequiu, xxvi franz^. »
Ces quelques lignes furent une révélation pour Lacabane, dont les conjectures, plus séduisantes peut-être que solides, mais séduisantes à coup sûr, ont été exposées dans un article de la Bihliolhèque de l'Ecole des chartes, qu'il nous faut résumer brièvement.
Sans reprendre à nouveau la question plus générale de la composition des Grandes Chroniques, il fait remarquer que, pendant assez longtemps, — du vivant de Jean II et même durant une partie du règne de Charles V, — ces chroniques s'arrêtèrent à la mort de Philippe de Valois, comme si elles ne devaient pas être continuées. En effet, immédiatement après le règne de ce prince, on lit dans un manuscrit : « Ci fenissent les Croniques de France^. » Le mot amen, par lequel se termine une sorte d'épilogue ajouté dans tous les manuscrits à l'histoire de Philippe VP, était, pour l'auteur du mémoire que nous analysons, une preuve de plus qu'une ligne de démarcation avait existé et devait être maintenue entre ces chroniques et leur continuation par les soins de Charles V. Le sage roi avait de
1. Bibl. nat., Clairambault, vol. CCXVI, n° 20 (23 novembre 1377); L. Lacabane, op. cit., p. 12-13; L. DeUsle, Mandements et actes divers de Charles V, n° 1519.
2. Bibl. nat, ms. fr. 20350, fol. 422 v» : « Ci fenissent les croniques de France » ; fol. 423 : « Cy commencent les chapitres du roy Jehan. »
3. « Pour quoy nostre Seigneur voult que il (Philippe VI) eust painne et tribulacion en ce monde, afin qu'il peust avecques lui régner après la mort perdurablement. Amen » (Bibl. nat., ms. fr, 2813, fol. 389; 10135, fol. 450 v°, etc.).