‹ Les grandes chronique de France (volume 2)Chapitre 13 sur 110 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

bonnes raisons, — et Lacabane les indiquait sommairement, — pour reprendre la tradition interrompue et faire ajouter aux règnes de ses prédécesseurs le règne de son père et le sien, inséparables l'un de l'autre. Il aurait confié cette tâche au chancelier de France, Pierre d'Orgemont.

Cette supposition, à défaut d'une preuve directe, — que Lacabane se réservait et se croyait en mesure d'administrer, — peut paraître au moins vraisemblable. Comment ne pas reconnaître dans la dernière partie des Grandes Chroniques « la main d'un magistrat attaché de cœur et d'opinion au régent et au Parlement »? Le rôle du Parlement, ses prérogatives tiennent dans l'esprit du rédacteur la même place que l'abbaye de Saint-Denis et les menus incidents de la vie monastique dans celui des continuateurs de Guillaume de Nangis. Ce « magistrat-chroniqueur » a été mêlé aux événements qu'il raconte; il en a été parfois la victime. Il ne semble pas douteux qu'il ait été l'un des vingt-deux officiers royaux, dont les Etats-Généraux de 1356-1357 exigèrent la destitution. Ne dit-il pas, en parlant de leur disgrâce, à ses j^eux injustifiée et inique : « Et toutefois n'avaient -ils été appelés ni ouïs en aucune manière, et n'avaient plusieurs d'iceux et la plus grande partie été accusés d'aucune chose, ni contre eux dit et proposé aucune vilenie, et si étaient plusieurs d'iceux officiers à Paris, lesquels on pouvait chacun jour voir et avoir, qui aucune chose leur eût voulu demander ' ? »

\. Chronique des règnes de Jean II et de Charles V, t. I, p. 104 : « Et toutesvoies n'avoient ilz esté appeliez ne ouyz on aucune manière ; et si n'avoient pluseurs d'iceuls et la plus grant partie esté accusez d'aucune chose, ne contre yceuls dit ou proposé aucune villenie; et si estoient pluseurs d'yceuls officiers à

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