XXXII INTRODUCTION
Pierre IV fit des avances à Charles V, avec lequel il avait tant d'affinités par ses goûts éclairés, sinon par le caractère et les inspirations de sa politique. Son fils aîné, Jean, duc de Gérone, fiancé d'abord à une princesse française, la fille iiosthurae de Philippe VI, morte malheureusement avant d'avoir mis le pied en Espagne', épousa en troisièmes noces une nièce de Charles V, Yolande de lîar'-. Les deux rois eurent l'un et l'autre pour chambellan l'amiral François de Perillos, qui fut ])endant quelques années le personnage le plus influent de l'Aragon^. Après la mort de Perillos's un nouveau lien a pu se nouer entre eux, grâce à un homme qui, à Paris comme à Avignon et dans son pays d'origine, eut par sa richesse et par ses fonctions un crédit considérable : l'Aragonais Juan Fernandez de Heredia, châtelain d'Amposta, capitaine du Comtat-Venaissin , futur grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, lettré lui-même et curieux des choses de l'histoire^.
La valeur historique de la chronique de Jean II et de Charles V ne saurait être exagérée. Son exactitude matérielle a été reconnue par les meilleurs juges*'. On y relève
1. Chronique des règnes de Jean II et de Charles V, t. II, p. 143, 159-160.