Ibid., t. II, p
INTRODUCTION. ni
n'est pas toujours possible de corriger. Cette liste paraît d'ailleurs avoir été dressée d'après un original latin, mal compris et mal traduit'.
De toutes les différences qui existent entre les divers manuscrits de la chronique, la plus apparente, sinon la plus intéressante au point de vue d'un classement méthodique, est l'inégale étendue de ces manuscrits. Le meilleur et le plus ancien n'atteint pas tout à fait la fin du règne de Charles V ; il s'arrête brusquement au mois d'avril 1379, près d'un an et demi avant la mort du Roi^. D'autres vont jusqu'à l'avènement de Charles VI . D'autres empiètent même sur le règne de ce prince, par des continuations qui mènent le récit des événements tantôt jusqu'en 1381 3, tantôt jusqu'en 1384^. Mais dans les manuscrits actuellement connus, et quelle que soit la date à laquelle ils se terminent, on ne relève rien qui modifie le fond même de la chronique. Les interpolations sont à peu près nulles; les suppressions })ortent exclusivement sur une relation très détaillée du voyage de l'empereur Charles IV à Paris (1377-1378), ou sur un long document justificatif inséré in
1. Chronique de Jean II et de Charles V, t. II, p. 346-348. — Oq peut signaler aussi dans le manuscrit le plus ancien de la chronique (Bibl. nat., ms. fr. 2813, fol. 401 v") une loçon inintelligible, qui a embarrassé les copistes. Il est dit qu'en novembredécembre 1356 « ceulz qui gouvernoient (les meneurs parisiens) ne vouloient souffrir le dit monseigneur le duc (de Normandie) avoir finance sans Vr de gaaignier ». Les mots en italique ont été laissés en blanc dans quelques manuscrits, et remplacés dans d'autres par ceux-ci ; sans leur dangier (congé), ce qui paraît bien rendre la pensée de l'auteur de la chronique.