IV INTRODUCTION
extenso. Bref, en comparant entre eux les différents manuscrits, on n'enrichira le texte courant, — celui des anciennes éditions gothiques ou de l'édition moderne de Paulin Paris, — d'aucune addition importante, mais on pourra l'améliorer notablement. Cette comparaison, en effet, fera ressortir des variantes intéressantes, permettant, sinon d'établir un classement rigoureux entre les manuscrits, au moins de les répartir en deux grandes classes ou familles.
Voici rénumération de quelques variantes, choisies entre beaucoup d'autres, qu'il m'a paru nécessaire, mais suffisant, de retenir :
1" Dans la matinée du 31 juillet 1358, Etienne Marcel, avec quelques autros complices en armes, se rendit à la bastide ou bastille Saint-Denis^. On trouve sur ce point deux leçons, dont la première est incontestablement la bonne :
« Le dit prevost et pluseurs autres avec luy, tous armez, alerent avant disner à la bastide de Saint-Denys » ;
« Le dit prevost, etc., alere^it disner à la bastide Saint- Denys »;
2° Après les obsèques de Jean II, Charles V entre dans le cloître de l'abbaye de Saint -Denis et là, appuyé ou adossé à un arbre du préau, il reçoit les hommages des seigneurs présents'^. Cet arbre est, dans certains manuscrits, un « savinier » ou « savignier » {sabinariiis), dans d'autres un « figuier ». Je cite pour mémoire une troisième leçon, due évidemment à une mauvaise lecture : « seigneur » est quelquefois substitué à « figuier ». « Savinier »
1. Chronique des règnes de Jean II et de Charles V, t. I, p. 205-206.