Baptiser
3. La joie de l'Université éclata dans une complainte satirique, que P. Paris a publiée [Grandes Chroniques, t. VI,
demeura touz jours prevost de Paris, non obstant qu'il fust touz jours en prison fermée chiez le dit evesque, comme dessus est dit, mais tantost celle journée passée en fut ordené d'un autre ^ .
Item, en cellui temps, le traictié, qui avoit esté commencié dès le vivant du roy Charles pour le fait de messire Jehan de Montfort, fut remis sus, fait et parfait, par lequel traictié le duchié de Bretaigne lui fut rendu, le quel avoit esté declairié pararrest, prononcié en la présence du Roy et des pers, confisqué et acquiz au Roy, et furent envoiez de par le Roy certains commissaires en Bretaigne, pour lui faire baillier et délivrer les villes et forteresses, qui estoient tenues de par le Roy. Et pour ce que par le dittraictjé, et aussi que c'estoit raison, le dit duc de Bretaigne devoit faire hommage au Roy, tant de la duchié» de Bretaigne comme de la conté de Montfort, icellui duc pour celle cause ala à Gompiengne, là où le Roy estoit, et en la présence des ducs d'Anjou, de Bourgoigne et de Bourbon, oncles du Roy, et de pluseurs autres grans seigneurs, le xxvif jour de septembre mil CCGIIIP'' et un, fist l'ommaige au Roy des duchié de Bretaigne et conté de Montfort ~.
p. 478-481). L'une des strophes se termine par ce vers passé en proverbe :
« Tant va le pot à l'eau qu'il brise. »
1. Audouin Chauveron, docteur es lois, institué le 31 mai 1381, prêta serment à l'Université de Paris le 30 juin (Denifle et Châtelain, Chartularium Universitatis Parisiensis, t. III, p. 298-300).
2. La restitution des places bretonnes occupéespar les Français s'était faite du 30 mai au 4 juillet (B. Pocquet, Hist. de Bretagne, t. IV, p. 67).
Item, en celle saison, i'ut ordené le duc de Berry, lieutenant pour le Roy en Languedoc, et, jà soit ce que ce fust au desplaisir des communes du pais et aussi du conte de Foix, toutesvoies y ala il et trouva grans désobéissances en pluseurs villes de Languedoc, et par especial à Narbonne, à Nimes, à Besiers et aussi à Thoulouse, et furent sur le point decombatre ensemble lui et le conte de Foix ; mais certain traictié fut fait entre eulx, par le quel la bataille demoura^ Et pour la dite désobéissance, que le dit duc de Berry avoit trouvée au pais, fut advisié et conseillié qu'il estoit bon que le Roy y alast en personne, pour renfourmer et mettre à point le pais. Toutesvoies, pour les empeschemens qui seurvindrent en France, il n'y ala point à celle foiz.
Item, en ce temps, le duc d'Anjou, qui autresfoiz avoit eu nouvelles que la royne Jehanne de Napples, la quelle n'avoit aucuns enfans, le vouloit adopter en fils et faire son héritier, tant du royaume de Napples comme de la conté de Prouvence^, en ot encore pour le temps nouvelles, et vindrent certains messages par devers lui, de par elle, pour celle cause^. Et pour ce en
1. Pour les événements, très compliqués, qui sont résumés ici en quelques lignes, voy. la Nouvelle histoire générale du Languedoc (t. IX, p. 882-883, 887 et suiv.), et surtout les notes rectificatives d'A. Molinier.
2. L'adoption remontait au 29 juin 1380 (N. Valois, la France et le Grand Schisme d'Occident, t. I, p. 189), mais elle avait été tenue jusque-là plus ou moins secrète.
3. Menacée de se voir détrônée par le compétiteur que le pape Urbain VI lui avait opposé, Charles de Durazzo (Duras), la reine Jeanne avait adressé, le 4 juin 1381, un appel désespéré au duc d'Anjou. « Le prince n'avait... qu'à se montrer, la reine aussi-
ot pluseurs [conseulx] et deliberacions, tant en la présence du Roy comme en son absence. Et fînablement lui fut conseillié, tant par les seigneurs de son sang comme par touz les sages qui furent en son Conseil, qu'il entrepreist le voyage pour aler devers la dicte royne, si comme elle lui avoit fait assavoir. Si commença lors à faire son ordenance pour y aler, mais assez tost après lui vindrent nouvelles certaines que messire Charles de Duras, autrement nommé messire Charles de la Pais, nepveu de la dicte royne de NapplesS estoit venu ou royaume de Napples et avoit eu grant confort de ceulx du pais, et par especial de ceulx de la ville de Napples, et avoit pris la dicte royne et emprisonnée^. Et aussi avoit priz en une bataille le mary de la dicte royne, appelle messire Charles de Bresouhic^, et s'estoit le dit messire Charles fait couronne en roy dudit royaume de Napples, du consentement et volonté de Berthelemi, qui se portoit pour pape à Romme et se nommoit Urbain. Et pour ces nouvelles, le dit duc d'Anjou rompi [l'emprise] qu'il avoit faite d'aler ou pais^. Et assez tost après pape Clément, qui
tôt publierait les actes d'adoption et d'institution d'héritier, qu'elle s'était jusque-là efforcée de tenir secrets. La couronne elle-même, la couronne royale, allait ceindre un front impatient de la porter » (N. Valois, op. cit., t. II, p. 9). Le Conseil du roi de France délibéra pendant trois jours sur cet important objet, à Crécy-en-Brie, les 26, 27 et 28 juillet.
1. Charles de Duras (Durazzo) avait épousé la nièce de la reine Jeanne.