Au château de l'Œuf, le 2 septembre
3. Corriger : Othon de Brunswick, le quatrième mari de la reine. Il avait été battu et fait prisonnier le 25 août.
4. Les nouvelles de Naples devenant très mauvaises et Jeanne ayant commencé de traiter avec Charles de Duras, Louis d'An-
iO CHRONIQUE DE JEAN II ET DE CHARLES V. 11382
estoit en Avignon, envoia certains messages solennelz par devers le dit duc d'Anjou, qui estoit aveques le Roy en France, et lui fist requérir par des diz messages comme il voulsist remettre sus son dit voyage et l'entreprendre, et il lui feroit grant aide'. Si ot le duc d'Anjou advis et deliberacion aveques le Roy et les seigneurs de son sang, qui estoient à la court, et avecques pluseurs sages, tant prelas [comme autres] , sur ce qu'il avoit à faire de ce que le Pape lui avoit mandé, et tînablement lui fut conseillié qu'il alast à Avignon devers le Pape, et, selon cen qu'il trouveroit en lui, si se ordenast, et pour ceile cause ala à Avignon^. Et, après pluseurs traictiez qu'il ot aveques le Pape et les cardinaulx, il, en plain consistoire, à huis ouvers, devant grant foison de peuple qui y estoit, il se détermina d'aler ou dit voyage, et le jura et promist ainsi faire en la présence du Pape, des cardinaulx et de tout le pueple qui y estoit présent. Et fut fait le premier jour de mars l'an mil CGC IIII" et un selon l'usage de France^.
jou et le Conseil du roi de France se montrèrent disposés, pendant quelque temps, à abandonner la reine à son malheureux sort.
1. En réalité, des ouvertures furent faites à Clément VII, mais celui-ci ne pouvait que les accueillir avec joie, car il s'agissait de ramener le royaume de Naples à l'obédience du pape d'Avignon. Sur les tergiversations de Louis d'Anjou, voy. N. Valois, op. cit.. t. II, p. 15-17.