Le 5 janvier 1382 [op. cit., t. II, p
3. Cette date n'est pas tout à fait exacte. Dès le 1*' mars, Louis d'Anjou reçut du Pape, non pas le titre de roi de Sicile, comme on l'a prétendu, mais celui do duc de Calabre, réservé à l'héritier présomptif du trône. C'est le 3 mars que fut tenu le consistoire public, où le frère de Charles V prêta le serment et
Itenij icellui premier jour de mars, qui fut jour de samedi, fut à Paris une grant esmeute de peuple de la ville contre aucuns, par especial contre ceulx qui s'estoient mêliez du fait des aides ou temps passé, tant fermiers comme autres, et en tuèrent aucuns, et aucunes maisons despecierent^ prindent, ruinèrent et emportèrent biens, effondierent^ vins et firent pluseurs autres dommages, et la cause de l'esmeute s'ensuit^ :
Il est vray que, après ce que les aides courant en France en la vie du roy Charles derrenierement trespassé, furent abatues et mises jus après la mort du dit roy, comme dit est, pour ce que le Roy ne se povoit gouverner sans aide de son pueple, tant pour le fait de sa guerre comme pour son estât soustenir, par pluseurs foiz il fist appeller par devant lui les gens de l'Eglise, nobles et gens de bonnes villes, et leur fist requérir aide convenable pour les fais dessuz diz, lesquelx, après pluseurs deliberacions, lui ottroierent faire aide par provinces de certaines sommes de monnoie, et les uns ordenerent [de lever] ^ cen qu'ilz avoient promis en certaines manières, et les autres en autre manière. Et
prit l'engagement dont il est question dans la chronique [op. cit., p. 19-20).
1. Var. : « abatirent » (Bibl. nat., ms. fr. 10134, fol. 293 v°).
2. Var. : « effondrèrent » (Bibl. nat., mss. fr. 10134, fol. 293 \°; fr. 17267, fol. 1 ; baron Pichon, Partie inédite des Chroniques de Saint-Denis, p. 2).
3. Sur tous les faits visés dans cet exposé, voy. l'ouvrage déjà cité de M. Léon Mirot, les Insurrections urbaines au début du règne de Charles VI.
4. Les mots de lever, donnés par les autres manuscrits, sont omis par le ms. fr. 23138.
toutesvoies ne suffisoient point les voies esleues pour lever les sommes qu'il avoient promises. Si fut advisé par les plus sages que, pour avoir aide souffisant à moins de charge de peuple, estoient les aides communes plus convenables, comme sont imposicions et gabelles. Si se accordèrent pluseurs, et fut advisé que on mettroit sus l'imposicion de xii deniers pour livre sur toutes denrées, et xx frans sur chascun muy de sel pour gabelle*, et que on mettroit ces aides sus le premier jour de mars dessus dit. Et pour ce furent criées à Paris*, et ordené qu'elles fussent mises à fuer^. Et le dit premier jour de mars, pour ce que on les voult commencier à lever es halles de Paris, s'esmut le pueple et fist cen que dessus est dit. Et oultre ilz alerent en une maison, assise en Grève, appellée la maison de la ville, en la quelle avoit bien n*" maillés de plomb ^, qui avoient esté fais long temps par devant, par l'ordenance de messire Hugues Aubriot, lors prevost et cappitaine de Paris, pour envoier au connestable de France, qui lors estoit, pour une chevauchée qu'il faisoit contre les Anglois^ ; et ilz n'y furent pas envoiez, et pour ce furent
1. Les taux de ces impositions ne sont pas indiqués partout de la même manière. Il y avait aussi une imposition sur les vins (L. Mirot, op. cit., p. 89).
2. Elles furent proclamées, à la table de marbre, le 17 janvier 1382.