INTRODUCTION. V
doit, sans aucun doute, être préféré à « figuier » et donne à tous égards un sens beaucoup plus satisfaisant. On désignait au XIV'' siècle, sous le nom de « savinier » ou de « Sabine » (savina), un conifère de petite ou de moyenne taille, fréquemment employé dans la décoration des préaux monastiques * ;
3° A propos des poursuites dirigées, sous le règne de Charles V, contre les hérétiques de la secte des TurlupinSj il est dit que deux d'entre eux, — un homme et une femme, — furent condamnés publiquement, puis brûlés à Paris les 4 et 5 juillet 1372. Or, à ces deux dates la femme seule était vivante. L'homme était mort dans la prison de l'évêque, tandis qu'on lui faisait son procès, et pendant quinze jours on avait « gardé » son corps dans un tonneau, « en un tonnel- ». Plusieurs manuscrits complètent : « en un tonnel plein de chaux » ; addition maladroite et à rejeter, car la chaux n'a pas la propriété de conserver les corps ;
4° La relation du voyage de l'empereur Charles IV à
1. D'après la nomenclature botanique actuelle, le « savinier » serait le juniperus sabina, vulgairement appelé « la sabine ». Mais il ne s'agit pas, dans le cas présent, de ce conifère, qualifié aussi, à cause de son mode de croissance, juniperus reptans. Pietro de' Crescenzi, podestat de Bologne et agronome, qui vivait au commencement du xiv« siècle, décrit au contraire très bien, sous le nom de savina, l'arbre dont veulent parler les Grandes Chroniques : « Savina, dit-il, est arbor satis parva, quîe semper viridis est, et habet folia cypresso similia. Hœc arbor satis commode vivit in omni aère et loco, et in viridariis et in claustris religiosorum, quia circulis et perticis circa eam positis ramos undique expandit, etc. » (De agricultura omnibusque plaiitarum et animalium generibus libri XII, etc., auctore... Petro Crescentiensi, Basilese, 1538, in-4°, p. 280).
2. Chronique des règnes de Jean II et de Charles V, t. II, p. 162-164.