‹ Les grandes chronique de France (volume 2)Chapitre 60 sur 110 · Belgique, Flandre occidentale · texte numérisé non relu

Belgique, Flandre occidentale

3. Sic. Il s'agit de Wervicq, sur la Lys (Flandre occidentale), qui avait alors d'importantes manufactures de drap.

abatront et feront abatre et démolir, ou cas toutes voies que dedens mardi ensuivant, xxv^ jour du dit mois de novembre, ilz ne seront retournez en la dicte ville, comme vrais obeissans et subgiez du Roy et du conte de Flandres, par la manière que dit est dessuz; item, que, se aucunes federacions ou aliances ont esté faites par eulx avec les Angloiz, ils ne les tendront en aucune manière; item, que toutes manières de harnois, ribaudequiiis et autres abillemens de guerre quelconques ilz apporteront, chascun cen qu'il en auront, au Roy, cellui jour, pour en faire sa volenté; et par my ces poins, réservé au Roy certains autres à sa volenté, le Roy leur quitta, remist et pardonna toutes les dictes faultes et rebellions, aveques toute paine corporelle et civile, et leur promist en parolle de Roy les tenir, et garder, à son povoir, de toute force et de tous griefs, envers touz et contre touz qui puent vivre et mourir, tant comme ilz se vouldront gouverner en la manière dessuz dicte, et de ce furent accordées lettres d'une partie et d'autre.

Item, après les choses faites dessus dictes, fut parlé au dessus diz d'Ippre, de par le Roy, du scisme qui est en l'Eglise, et leur dist on que onques, puis qu'il creurent en Berthelemi, bien ne vint à eulx ne au pais, et qu'il convenoit qu'il creussent comme le Roy, et que en ce ne povoient errer. A quoy respondirent que très voulentiers il croiroient et feroient tout ce que le Roy et le conte de Flandres vouldroient^

1. Il y avait une pointe d'ironie dans cette réponse, étant donné le désaccord qui régnait entre Louis de Maie et les Valois sur la question du schisme (N.Valois, le Grand Schisme, t. I, p. 360).

Et après ce alerent les dessus diz d'Ippre au logis du conte de Flandres, pour lui crier inercy, comme ilz ont (sic) fait au Roy, le quel les y receupt, fors trois qu'il renvoia devers le Roy, les mains liées, et orent tantost les testes couppées, des quielx estoit l'un le cappitaine d'Ippre*, et l'autre le cappitaine du pont de Gommines, qui avoit tenu le dit pont contre les gens du Roy, et le tiers estoit leur compaignon.

Item, le lundi xxiii^ jour du mois de novembre, vindrent nouvelles au Roy que le duc de Berry, son oncle, venoit devers lui en l'ost et gisoit à Lisle, et pour ce ne se desloga point le Roy de là où il estoit, le landemain xxv* jour du dit mois. Et aussi vindrent nouvelles au Roy que Phelippe Artevelle gisoit celle nuit à Roliers^, acompaignié de grant foison de Flamens armez, et disoient aucuns qu'il venoit pour combatre le Roy; les autres disoient qu'il s'en fuyoit à Bruges, pour garder la ville.

Item, le dit xxv* jour de novembre, le duc de Berry vint en l'ost du Roy avant disner, et ce jour envoia le Roy de ses chevaucheurs à Roliers, où estoit Phelippe Artevelle et son ost logiez. Lesquielx chevaucheurs rapportèrent pour vérité que le dit Phelippe Artevelle et ses Flamens s'estoient deslogiez cellui jour après disner, et venus logier à un village près du logis du Roy, a environ lieue et demie

Item, le juedi, xxvii® jour dudit mois de novembre, le Roy et ses gens, qui sa voient le dit Phelippe Artevelle et ses gens estre aux champs près d'eulz, se

1. Pierre Wanselaere {/store et chroniques de Flandre, t. Il, p. 179).

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