C : « Rocafort
solenniler coronatus, et qualiter ipsa régna acquirit dispositione divina pro libito, nuUam fere in eis resistenciam reperiens régis olim Castelle, hoslis nostri, vel quorumlibet aliorum. Nunc vero, illustrissime princeps, ut de ipsius fratris nostri prosperis successibusveslra Serenitasclariusinformetur, et utique pro aliquibus aliis conservacionem amorls inter vos et ipsum ac nos concernentibus, apud vestram serenitatem religiosum et dilectos fratrem Johannem Didaci, ordinis fratrum minorum, in sacra pagina professorem, suum consanguineum et confessorem, et Robertum de Noeriis, licenciatum in legibus, archidiaconum ParviCaleli in ecclesia Rotomagensi, ejusdem régis et nostri secretarium, providit e vestigio destinandos. Quocirca serenitatem vestram affectuose rogamus quatinus super predictis, que pocius divina sunt opéra quam humana, per dictos nuncios, nedum dicti régis respectu, sed eciam nostri qui sua négocia velut propria reputamus, graciose recipere et exaudire bénigne vestre placeat magestati. Datum Calatajubii, vi^ die madii anno a Nativitate Domini M" CGC LX° sexto. Rex Petrus.
Predicta littera fuit missa magnifico principi Karolo Dei gracia régi Ffrancorum.
Décembre 1368-janvier 1369.
Instructions pour les ambassadeurs de Charles V, envoyés en Angleterre au commencement du mois de janvier 1369. — (Arch. nat., J. 654, n° 3. Parchemin.)
Ce sont les responses que les messagez, envoyez par le roy de France, font aus requestes ou demandes autresfoiz faites par les gens du roy d'Angleterre. Et premièrement, à la demande faite du paiement ou argent deu au dit roy d'Angleterre par le dit roy de France respondenl et dient les
dites gens ou messages du roy de France ce qui s'ensuit : Premièrement que, quant le dit roy de France vint au gouvernement de son royaume, et par avant vivant le roy Jehan, dont Diex ait l'ame, le roy de Navarre fesoit guerre ouvertement ou royaume de France, et menoit la guerre pour le dit roy de Navarre le captai de Buch, messire Jehan Jouel, pluseurs Anglois et autres, nez et allraiz des terres et seigneuries du dit roy d'Angleterre et du prince son filz. Et depuis la prinze du dit captai, faite à Cocherel, continua ycelle guerre messire Loys de Navarre, avec lui messire Hitasse d'Abisecourt et pluseurs autres des terres et seigneuries dessus diz {sic), pour la quelle guerre le royaume de France fu et a esté grandement domagé, et les aides ordennées ou dit royaume pour paier le dit roy d'Angleterre moult empeschées, et ce qui peut estre levé fu despendu, et plus encore en la dite guerre. Et toutesfois les subgez des seigneuries et terres du roy d'Angleterre ne du Prince ne povoient ne dévoient faire guerre ou royaume de France, à gaiges d'autrui ou autrement, si comme par le traictié et alliances faiz entre les deux roys peut apparoir.
Item. Et le dit roy Jehan, dont Diex ait l'ame, darrenierement quant il fu en Angleterre où il mourut, despendi moult, et y fist grant despense, et ne laissa point d'argent au roy qui est à présent. Et toutesfois il a convenu faire grant mise et despense, tant pour amener le corps en France du roy Jehan honorablemeni et à telle sollempnité comme il appartenoit h un tel seigneur, et aussi pour faire l'enterrement et les obsèques sollempnelles qui bien appartenoient de faire en tel cas, et avec ce pour paier et accomplir le testament ou darreniere vculenté du dit roy Jehan.
Item. Avec ce a convenu faire grande despense pour le sacre du dit roy de France, si comme acoustumé est h faire en tel cas, bien et sollempnelment, et c'est bien raison.
Item. El lui a convenu fere pluseurs paiemens et mises
pour cause de certains deniers, deuz des le temps du dit roy Jehan à pluseurs de dehors le royaume, qui gastoient et pilloient le dit royaume par deffaut de paiement, et en pluseurs autres neccessitez ou choses nécessaires qui seroient longues à réciter.
Item. Avec les choses dessus dites, les compaignes tant d'Anglois, Gascoings comme d'autres, des terres et seigneuries dessus dites, ont tousjours esté aussi comme continuelment, ou au moins pour la plus grant partie du temps, et encore sont ou royaume de France, et ont gasté, pillié et chevauchié par pluseurs parties du dit royaume, pris prisonniers, forteresses, et gasté le pais, par quoy les dites aides, ordennées pour le dit paiement, et autres, ont esté et encorez sont ainsi comme de nulle valeur. Et tout ce qui en a peu estre levé et plus encore a convenu estre despendu contre les dites compaignies. Et, qui plus est, ont les dites compaignes pillié, raençonné et robe aucuns des receveurs des dites aides et leur [ont] osté l'argent, levé et ordenné pour faire le paiement deu au dit roy d'Angleterre, pour les quiex empeschemens, les quiex sont touz notoires, les dites aides sont et ont esté aussi comme de nulle valeur, et, ce ne fussent les diz empeschemens, les diz paiemens fussent avanciez plus assez qui ne sont.
Item. Et, pour cause des dites compaignes et autres empeschemens dessus diz, le demaine propre du royaume de France a esté de petite valeur et le proufit des monnoyes et autres choses dont le roy ce [sic : se) puist aidier cessèrent du tout par l'octroy que le peuple fist au roy des dites aides, et ainsi, le requist le peuple et le roy leur accorda, ne onques puis ne fu fait au contraire.
Item. Et, avec les empeschemens dessus diz, a eu très grant mortalité en pluseurs parties du royaume de France, et tant que pluseurs villes sont demourées aussi que inhabitables, et les autres moult apeticiées, pour les quelles choses a convenu que le Roy ait perdu pluseurs de ses
(lemaines et aussi aides orclennées pour les causes dessus dites. Et aussi a faillu faire pluseurs remissions et donner pluseurs dilations, (|ui a esté grant cmpeschement pour le paiement que demandent les gens du roy d'Angleterre.
hem. Et que, non obslant les choses dessusdites et empeschemens dessus esclarciz, et pluseurs autres qui seroient longz h esclarcir, avec la grant mise qu'il a convenu de neccessité faire pour la deffense du royaume de France, a le Roy paie de son temps vi<^ mil frans, et si avoit ordené a paier u*' mil frans, et estoient près pour les termes de Pasques et de Saint Michiel darrenierement passé, niés il a convenu despéndre, et de l'autre encore assez, contre les dites compaignes, et seroit chose impossible, les dites compaignes estans ou royaume de France, faire aucun paiement au dit roy d'Angleterre, et ainsi a esté dit par pluseurs foiz au Conseil du roy d'Angleterre. Et pour ce a esté requis que le dit roy d'Angleterre feist vuidier les dites compaignes, ainsi comme tenu y estoit par le traictié de la paix et par les alliances, et que autrement le roy de France ne le pourroit paier, ne raison pourroit souffrir que le Roy laissast la deffense de son royaume pour faire les diz paiemens, car à la deffense de son royaume est le Roy tenu avant toutes choses.
Item. Que par les causes et moiens dessus diz appert assez la cause et l'empeschement pour quoy le Roy n'a peu faire les paiemens, ainsi comme il eust bien voulu, et puet clerement apparoir h chascun de la diligence que le Roy en a faite, et que l'empeschement tju'il a eu a esté sanz sa coulpe et par le fait des dites compaignes et autres empeschemens dessus diz, et que en ce il n'a riens fait contre ses promesses ou convenances.
Item. Que, se les dites compaignes estoient hors du royaume, le Rov nostre sire feroit au roy d'Angleterre et continueroit ses paiemens, selonc sa possibilité et tieulement qu'il devroit soulïire au dit roy d'Angleterre.
Et quant à la seconde demande ou requeste faite par les gens du roi d'Angleterre de la terre de Belleville, de Monstereul sur la mer, et autres, dient les messages du roy de France que les ii roys ontesleuz certains commissaires, de leur commun assentement, et leur ont donné povoir et licence de cognoistre et déterminer des diz debaz, et juré et promis tenir et accomplir ce qui en sera jugé parles diz commissaires, par la fourme et manière contenue en certaines lettres faites par les ii roys et scellées soubz leurs grans seauls, et par icelles lettres ont promis les ii roys de envoier commissaires et procureurs et yceuls faire procéder sur les diz debaz, et tousjours y a envoyé le roy de France ses commissaires et procureurs, sanz faire aucune faulte ou interruption, mes les gens du roy d'Angleterre y ont fait pluseurs interruptions et defFautes, et tant par les négligences du roy d'Angleterre, du prince, de leurs gens, la commission de Belleville est expirée, et le temps passé sanz ce que la besoigne ait peu estre jugée à fin principal, et [est] venue la négligence ou faulte par les gens du roy d'Angleterre, comme dit est. Et quant au fait de Monstereul, encore dure la commission et povoir des commissaires jusques h la xv" de la Chandeleur prochain venant.
Item. Et es diz debaz de Belleville a esté tant procédé que les faiz et raisons h fin principal ont ja esté baillés par les parties. Et quant est de Monstereul, est apointié à bailler, et estoit la chose bien avanciée pour déterminer et mettre à fin, se les gens du roy d'Angleterre eussent voulu, et ainsi l'a tousjours requis et poursuy h grant instance le procureur du roy de France.
Item. Des deffautes, négligences et delaiz, iaiz par les gens du roy d'Angleterre, y peut apparoir en moult de manières tant par les procès verbaulz faiz par les commissaires de Belleville que autrement deument, et des diligences et offres faites par les gens du roy de France. Et est vérité que à chascuue journée et continuement ont esté prestz les
gens du roy de France, poursuy à très granl instance et faite toute diligence sanz partir du pais, tant que la commission duroit, du premier jour jusques h la fin, mes les gens du roy d'Angleterre y sont venu si tart qu'il ont voulu, s'en sont alez toutesfoiz qui leur a pieu, et si ont procédé le moins qu'il ont peu, et fu passé par leur négligence partie du temps ainçois qu'il venissent, et ne vindrent pas au jour assigné. Quant il vindrent, il demandèrent delay pour faire leurs raisons, combien que le procureur du roy de France ofFrist les siennes, et prindrent et occupèrent tout le temps pour faire leurs raisons, et après s'en alercnt en Espaigne les commissaires du roy d'Angleterre. Et neantmoins envoya le roy de France par devers le roy d'Angleterre pour faire renouveler et donner nouviaux commissaires par le roy d'Angleterre, qui furent donné, mes il ont esté moult negligens, quar il ne vindrent pas au jour assigné, et quant il furent venu si n'ont il voulu procéder sur le principal, niés ont assez fuy, combien que les gens [du roy] de France feissent toute diligence, et le procureur du roy d'Angleterre a leissié passer tout le temps sanz riens faire, et darrenierement, h la journée h laquelle dévoient envoyer les II roys avec leurs commissaires certains conseillers pour le parfait de la besoigne, le roy de France y envoya ses conseillers qui y furent avec les commissaires et procureurs du rov de France, mes onques n'y trouvèrent conseillers, commissaires, procureurs, ne aucun autre pour le roy d'Angleterre, combien que par les dites lettres et accors faiz par les ii roys les conseillers et commissaires y deussent avoir esté.
Item. Et quant est de la Roche-sur- Yon et d'autres terres, dit le roy de France que commissaires doivent estre envolez sur les pais, dont les gens du roy d'Angleterre et du prince n'ont riens fait, combien que le roy de France ait envoyé sur ce et pour ce l'evesque d'Auceurre et autres pour les questions touchans les pais d'Anjou, de Thouraine, Herry
et Auvergne, et encore est prest le roy de France de y envoler et de faire de sa part tout ce qu'il devra.
Item. Et combien que, par les deffautes et négligences dessus dites, le roy de France peust et deust demander et avoir proufit par rigueur de justice, toulesfoiz, afin qu'il appere bien comme il veult amiablement et plainement procéder, et qu'il a grant joye que la vérité soit sceue, et que le roy d'Angleterre ait tout ce qu'il devra avoir par raison, encore plaist il au roy de France que les commissions soient renouvelées, à tant de commissaires et à tel temps comme il sera advisé et accordé par les conseuls des deux roys, par protestations que par ces choses préjudice ne soit fait aux parties, ne à aucune d'icelles, qui ne se puissent traire ou faire traire, ou faire pourront et devront, par le traictié de la paix.
Item. Et, se ceste voye ne plaist au roy d'Angleterre, combien qu'elle soit très raisonnable, et autresfois ait esté esleue des deux roys, encores plaist il au roy de France que l'église de Romme, en qui les parties se sont soubzmises, en cognoisse, parties oyes, en jugent et déterminant sommierement et de plain.
Item. Et, si sembloit au roy d'Angleterre que les diz debaz se peussent plus legierement déterminer en la présence des deux roys que autrement, et le roy d'Angleterre se vouloit traire à Calais ou en Poutieu, le roy de France se trairoit en Picardie, et pourroient accorder de ce qu'il auroient à faire, ensemble, de l'avis de leurs conseuls, et, se le roy d'Angleterre ne peut ou veult estre en personne, et il li veult envoyer un de ses filz, le roy de France y envoiera un de ses frères, et pourront avoir avec euls de ceuls qui furent au traictié, pour faire sommierement et de plain aucun bon appointement sur touz les descors.
Item. Que les choses et offres dessusdites doivent bien souffire au roy d'Angleterre, car par nécessité de justice autrement ne peut la cause estre déterminée, car nuls ne III 9
doit estre juge en sa cause propre, ainçois fault que autre en ait la cognoissance.
A la tierce demande ou requeste, faicte par les gens du rov d'Angleterre, h fin que certains ostages, Icsquiex il ont baillié par déclaration, soient renvoyés en Angleterre, respondent les messagers, envoyez par le roy de France, premièrement, que, en tant que louche le conte de Harecourt, le sire de Montmorency, le sire de Saint-Venant, il dient qu'il ont élargissement du roy d'Angleterre jusques h certain temps, le (juel est encore à venir, et quant aus autres, il dient et maintiennent, et aussi l'ont fait dire au roy de France, que bien et deument s'en sont partiz, et que, se aucun leur en veult aucune chose demander, il sont prestz et apparelîez d'eulx deffendre et de y garder leur honneur, bien et convenablement, pardevant le roy de France, leur droit seigneur, lige et souverain, et lui ont requis que en ce les veulle oyr, en leur gardent raison et justice.
Item. Dient lesdiz ostages que, par voye de raison, le roy de France ne pourroit ne dcvroit envoyer ou contraindre lesdiz ostages pour aler en Angleterre, sanz les ovr en leurs deflPenses contre ceuls qui vouldroient Aiire poursuite contre euls, car lesdiz ostages pourroient telle chose dire et alléguer qu'il ne seroient tenu de retourner, et telle chose que si seroient, et pour ce est le roy de France et a tousjours esté prest et apparillié de cognoistre de la besoigne sommierement et de plain, sanz long procès et par la manière que l'en doit faire en tel cas.
Itefn. Dient lesdiz ostages que de ce le Roy doit avoir la cognoissance, considéré que lesdiz ostages sont deffendeur [sic) et subgez du Roy, tiitia actor se(/uitur forum rei. Et, se le roy de France ou aucun de ses subgez vouloient poursuir aucun subget du roy d'Angleterre, d'ostage, prison ou quelconques autres choses que ce feust, il faudroit faire la poursuite devant le roy d'Angleterre et
seroit raison, et il orroit son subget en ses raisons et deffenses, et ainsi sont alez pluseurs du royaume de France poursuir leurs droiz et leurs prisons en Angleterre, comme le mareschal de Clermont et autres, et aussi ont pluseurs d'Angleterre poursuy pardevant le roy de France les subgez du roy de France, et leur a esté faicte bonne justice.
Item. Et se l'en vouloit dire que le traictié est cler et aussi apperent clerement les obligations des ostages, et n'i fault^ cognoissance de cause, mes le Roy, de son office, les devroit renvoyer, dient les diz ostages, puisque le roy d'Angleterre requiert les diz ostages estre renvoyez, et les diz ostages s'offrent h deffendre et monstrer que tenuz n'y sont, le Roy ne peut ne ne doit par justice procéder, sanz les oyr contre la partie requérant, mesmement en telle et si granl cause qui touche l'onneur et estât de leurs personnes, ne y n'est si fort, si bonne, ne si clere obligation que l'en ne peust estre délivré par consentement de partie ou autrement, et pluseurs ostages ont esté délivrés par la voulenté et consentement du roy d'Angleterre, par accors, composicions et en autres manières. Si ne peut le Roy ne autre savoir ce qui chiet en fait, se ce n'est partie appellée et oye.
Item. Quant à la subrogation des ostages mors, dient les messagers du roy de France que, ja soit ce que aucune déclaration n'en ait esté faicte par les messages du roy d'Angleterre, toutesfoiz le roy de France fera toute diligence qu'il pourra de subroguer des autres, se il en peut avoir qui y veulent aler.
Item. Et il est bien grantdoubte que, pour diligence que le roy de France face, qu'il n'en puisse trouver aucun qui vouluntairement voisent ou dit ostage, et par pluseurs raisons : l'une, quar ja soit ce que par le traictié de la paix les ostages nobles doivent estre rechangiez d'an en an, en