‹ Les grandes chronique de France (volume 2)Chapitre 92 sur 110 · Ms. : « y ni fault · texte numérisé non relu

Ms. : « y ni fault

baillant aussi souflîsans eu rcgart de la conscience du roy d'Angleterre, toutesfois pluseurs nobles oslages envoyez en Angleterre ont esté refusé par subrogation, ja soit ce que il feussent assez souffîsant, et en y a pluseurs, quant il ont passé la mer, qui s'en sont retourné à grans couslz et à grans fraiz, si comme des neveuz au sire de Montmorenci et de pluseurs autres, tant pour le conte de Porcien envoyez que autrement, et, si fussent gracieusement rechangiez, le Roy en eust assez trouvé qui y fussent aie pour demourer un an en ostage en Angleterre.

Item. L'autre si est que, ja soit ce que le roy de France ait fait et accompli tout ce que faire devoit pour la délivrance de la quinte partie des ostages nobles, et qu'il ait requis la dite quinte partie, toutesfois il n'en a peu aucun avoir. Ainsi fault que, par longue demeure, les diz ostages composent à terre ou à argent, si comme pluseurs ont fait. Et par ces causes ont plus chier les nobles du royaume de France, quant le Roy les fait contraindre, d'estre banny [sic] du royaume et leurs terres demourer en la main du Roy que aler ou dit ostage.

Item. Et, quant les messages du roy de France furent autresfoiz darrenierement en Angleterre, il fist bailler par déclaration au Conseil du roy d'Angleterre les noms de pluseurs chevaliers et escuiers, pour savoir la voulenté du roy d'Angleterre, s'il les vouldroit prandre en lieu des mors et de ceuls qui estoient à subroguer, à fin que l'an ne les travaillas! mie d'envoyer en Angleterre sanz cause. Sur quoy le Conseil du roy d'Angleterre prinst une grant dilacion, pour euls infourmer de Testât de ceuls baillés par déclaration, et en dévoient certiffier le roy de France ou son Conseil par deçà. De quoy n'y ont riens fait, ainçois dirent tant seulement à aucuns des ostages de pardelà qu'il ne les prandroient point par subrogation, et ainsi le Roy ne savoit quelx gens envoyer, se on ne savoit premièrement s'il les prandroit, ne on ne peut pas faire nouveles gens, ne autres

nobles que ceuls qui y sont. Toutesfois, le roy de France fera sa diligence le mielx qu'il pourra, ou cas que le roy d'Angleterre vouldra gracieusement recevoir ceulx que le Roy pourra avoir, et s'avise le Conseil du roy d'Angleterre s'il vouldra prandre aucuns d'iceuls, qui autresfoiz furent baillés par déclaration.

A la quarte demande, que faite ont les messages du roy d'Angleterre, que le Roy ne reçoive les appellans de Guienne ne ne leur donne rescripz, mes soit contre yceuls appellans et pour le roy d'Angleterre, dientles messagers du roy de France que, sauve la grâce des requerans, ceste requeste est directement contre le traictié de la paix, ou quel entre les autres choses est contenu, en une lettre en laquelle est la clause c'est assavoir, que les souverainetez et les ressors du roy de France demourront en Testât ou quel il estoient ou temps de la dite paix, mes toutesfoiz le Roy nostre sire surserroit d'en user jusques aux termes esclarciz es dites lettres, c'est assavoir jusques au terme de la S. Andrieu, lors prochain venant en un an, la quelle fu l'an LXI, et la dite paix fu faite à Calais le xxiiii^ jour d'octobre l'an LX, si comme contenu est expressément es dictes lettres, et encore plus expressément que en nul autre lieu de la dite paix en une lettre d'icellui traictié, la quelle parle de la suspension des alliances des Flamens et des Escoz, et en ycelle lettre est expressément esclarci le dit jour de Saint Andrieu.

Item. Que es dites lettres, es quelles est contenue la clause c'est assavoir, est expressément contenu que le Roy nostre sire, jusques au terme dessus dit de la Saint- Andrieu, et, ycellui terme durant, ne recevra en sa court aucune appellation des subgez du roy d'Angleterre ne ne donrra rescripz à ycelles, et ainsi l'a bien gardé le roy Jehan, dont Diex ait l'âme, qui ne receut onques aucunes appellations, ne ne fist ou fist faire aucuns exploiz de souverainetez es terres ne sus les subgez du dit roy d'Angle-

terre, diirans les termes dessus dix, et non fist le Roy nostre sire qui est à présent.

Item. Or n'est il pas doubte, selon toute raison, puis que les souverainetez et ressors demourroient en leur estât et le Roy nostre sire ne promist à surseoir d'icelles souverainetez et ressors que jusques à certain temps, le quel est passé ja vu ans a, il en puet et doit user aussi paisiblement et aussi bien comme il faisoit avant la paix, et ces choses pevent apparoir évidemment par le traictié de la paix, au quel se raporte le Roy nostre sire.

Item. Que le Roy nostre sire eust failli de justice et de droit aus appellans, s'il eust refusé leurs appellations, et aussi s'il eust refusé bailler adjournemens et rescrips h yceuls, puis que le temps de la dite surseance estoit passé, comme dit est.

Item. Qu'il est vérité que le conte d'Armaignac, pour li et ses adherens et adherdre voulans, est venu par devers le Roy nostre sire, et li ont exposé que le prince leur fesoit pluseurs griefs, et entre les autres venoit et s'efforçoit de lever certain fouage en leurs terres et seigneuries, le quel devoit durer jusques à v ans, et sans leur consentement et voulenté, la quelle chose n'avoit onques mes esté faite, ne do temps que le Roy nostre sire avoit tenu le duché de Guyenne en sa main ne paravant, et estoit fait contre leurs franchises et libertez, les quelles leur estoientconfermées, et en icelles dévoient estre et demourer par le traictié de la paix. Si requeroit au Roy nostre sire, comme de touz temps eussent acoustumé de recourir aux roys et h la coronne de France, comme au siège et seigneur souverain, par voye d'appellation et autrement, des griefz qui leur sont et ont esté faiz, tant du temps que la duché de Guienne a esté es mains des roys de France comme par avant, et pour les griefz que le dit prince leur fesoit, par especial des diz fouages, les quelx il avoit ordenez et imposez sur leurs terrres et seigneuries, et sanz leur consente-

ment, il eussent appelle à li comme h leur seigneur souverain, que il voulsist recevoir leurs dites appellations, donner rescrips et adjournemens et inhibitions, et ce qui estoit acoustumé en tels cas.

Item. Que, pour monstrer que le Roy nostre sire leur devoit faire les choses dessus dites, disoit, entre les autres choses, que le Roy nostre sire, ou traictié de la paix faisent, avoit, par exprés et du consentement du roy d'Angleterre, retenues et réservées par devers lui les souverainetez et ressors des pais, qui dévoient estre baillés à demourer au roy d'Angleterre, par le dit traictié de la paix, jusques à ce que les renunciacions d'icelles souverainetez et ressors eussent esté faites, et aussi es lettres et mandemens qu'il avoit fait et envoyé au dit conte d'Armaignac et aus autres du dit pais de Guienne, pour entrer en l'obéissance du dit roy d'Angleterre, il avoit par exprés, en ycelles lettres et mandemens, retenu et réservé ycelles souverainetez et ressors jusques les dites renunciations fussent faites, et par ycelles retentions et réservations estoient entrez en l'obéissance du roy d'Angleterre, et de ce avoient fait expresses protestations, et prins et levé sur ce instrument.

Item. Disoient que, puis le Roy nostre sire n'avoit renuncié h ycelles souverainetez, il demourroit leur seigneur souverain et il demourroient ses subgez, et par conséquent leur devoit faire ce que seigneur souverain doit faire à son subjet. Autrement, il leur deffaudroit de droit et de justice et auroient cause raisonnable de quérir et pourveoir autre seigneur souverain, l'Empereur, le Pape, ou autre, et pourroient dire et maintenir par tout qu'il auroient fait leur devoir d'avoir sommé le Roy nostre sire, et que par sa deffaulte se seroient parti de li, et sur ce sommoi[en]t et requeroi[enjt le Roy qu'il leurdonnast response et en requeroient ses lettres ou instrumens publiques de sa response.

Item. Que sur ce le Roy eust très grant délibération de Conseil , et par pluseurs journées, et, ja soit ce que par tout

son Conseil il trouvast, par le traictié de la paix, que il povoit recevoir les dites appellations et le devoit faire, toutesfoiz mist il la chose en dilacion par long temps, cuidans que le dit conte se voulsist déporter des sommations dessus dites, ou que le prince cessastou deportast de lever les diz fouages et faire les diz griefs, en la terre dudit conte et de ses adherens, ou que par aucune manière la chose se peust dissimuler.

Item. Que les dites dilations n'estoient pas aggreables au dit conte, ainçois requeroit le Roy tous les jours que li donnast response, et darrenierement dist au Roy, en la présence de son Conseil, qu'il ne povoit plus demourer ne attendre qu'il ne convenist qu'il fust pourveuz par le Roy nostre sire ou par autre seigneur souverain, considéré les compulsions et contraintes que le prince fesoit et s'efforsoit de faire, en la terre et sur les subgez du dit conte d'iceuls foages.

Item. Que le Roy nostre sire, considerans qu'il povoit et devoit recevoir les dites appellations par le dit traité, autrement il pecchoit contre ses subgez et leur defl'audroit de justice et leur donroit occasion de pourveoir d'autre souverain, a receu yceuls appellans et leur a donné adjournemens et inhibitions, par la manière qu'il est acoustumé h faire en tel cas. Et ce fist le Roy et conclut, aussi comme parnecessité, le darrenier jour de juing l'an MCCCLXVIII, et furent XXXVII au Conseil, dont les noms seront trouvez au dos de ce présent roole^.

Item. Que de ce ne se doit point merveiller le roy d'Angleterre, car les gens et officiers du roi d'Angleterre, tant en Ponticu que en Guienne, ont usé des souverainetez et ressors, et ont donné adjournemens en cause d'appel et occupé les souverainetez, tant d'églises cathedraulx comme autrement, et paravantce que le Roy nostre sire receust les

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