FRANCE
La Compagnie des marchands fréquentant la rivière de Loire ne doit pas être oubliée dans ce rapide aperçu. Ayant son centre à Orléans, elle se composait — du moins aux xv° et xvi° siècles — de marchands de toutes les villes riveraines du fleuve. Ces marchands envoyaient à une chambre commune des députés salariés qui élisaient entre eux un procureur général, des commis-gérants et un trésorier. De Charles VII à François I‘, dit M. C. Dareste", il n’est pas un roi avec qui la puissante compagnie n'ait traité pour la suppression des péages établis sur la Loire*. Ajoutons que ce fut toujours sans succès et que cette question s’agitait encore au siècle dernier, et toujours aussi vainement, dans les Conseils du Roi.
Les documents relatifs à l’histoire du commerce sont si rares au moyen âge, ou plutôt le commerce était encore si peu en honneur à cette époque, que les noms de plusieurs compagnies de commerce doivent nous échapper ici, aucun historien de ces temps éloignés n'ayant jugé à propos de les relever.
C’est un hasard fortuit qui nous a conservé l’acte de société que des pêcheurs basques rédigèrent à la fin du xu° siècle ou au commencement du xrrr° (1199-1213). Ce document, déposé dans la bibliothèque ducale de Wolfenbuttel, fut obligeamment communiqué à l’illustre auteur des Lois maritimes, quand il préparait la publication du volume relatif au droit maritime de la France. Cet acte nous apprend « que dans la partie de la Guyenne connue « sous le nom de pays des Basques, dont Bayonne était la « ville et le port principal, on se livrait à une navigation « très active avec l'Espagne, du côté du midi, et avec les « cités maritimes de la France, ainsi qu'avec l'Angleterre «et la Flandre du côté du nord. Les navigateurs, ajoute
1. C. Dareste, /istoire de l'administration en France, t. M, p. 227
LEA 2. V. sur la compagnie des marchands fréquentant la rivière de Loire, l'ouvrage
de M. Mantellier. (Orléans, 2 vol. in-8°, 1863.)
« Pardessus, y avaient formé une société de l'espèce de celles « qu'au moyen âge on nommait ghildes, par l'effet de « laquelle ils mettaient en commun les frets de leurs « navires et se garantissaient des secours et une défense « mutuelle. On y voit surlout, ce qui mérite d’être remar- « qué par ceux qui s’occuperont de faire des recherches « sur la législation statutaire du moyen âge, que ce pacte « d'association a été fait avec l'approbation et l'autorisation « de toute la commune de Bayonne". »
N’est-il pas permis de reconnaitre dans l'association formée par les marins de Bayonne l'embryon d’une grande compagnie de commerce ?