COMPAGNIE DU LEVANT
menter ce trafic étaient destinées à combattre la concurrence faite aux armateurs hollandais par leurs rivaux de Hambourg, de Danemark et de Suède.
C'est ainsi qu'en 1652 les États Généraux ordonnèrent aux capitaines de ramener directement leurs navires en Hollande avec les cargaisons. En 1661, défense fut faite à tout Hollandais de donner des navires à louage à des étrangers.
Il y avait aussi en Hollande d’autres compagnies s’occupant de commerce ou plutôt de pêche dans les régions du Nord, compagnies de la Mer Baltique, de la pêche de la Nouvelle-Zemble, du détroit de Davis et du Groenland ; mais ces compagnies n'étaient pas exclusives et nous ne croyons pas devoir leur consacrer un paragraphe spécial. Tout marin pouvait se livrer à la pêche dans les mêmes parages.
Les pêcheurs de ces compagnies avaient seulement le privilège exclusif de descendre à terre pour y dépecer poissons et baleines et pour y fondre le lard, tandis que les autres pêcheurs, ne pouvant faire à terre ces diverses opérations, devaient couper en morceaux les baleines qu’ils avaient prises et se trouvaient obligés de les transporter ainsi en Hollande, où pouvait se faire seulement la fonte du lard.
On concoit les inconvénients que présentait une pareille pratique. Les navires étaient obligés, au retour, de faire une longue traversée avec une lourde cargaison, dont la raleur n’était nullement en rapport avec le poids.
$ 2. ComPacxie pu Levaxr.
Son organisation, son rôle : inspection et surveillance du commerce hollandais dans la Méditerranée.
La Compagnie du Levant, comme celles du Nord et de Surinam, n'était point, à proprement dire, une compagnie privilégiée. Son rôle se bornait à une inspection supé-
rieure, à une surveillance générale de la navigation et du commerce hoilandais dans la Méditerranée. Elle n'avait pas de flotte à elle, pas d’armements qui lui fussent propres.
C’est à l’instigation des armateurs d'Amsterdam qu’une chambre de direction ou compagnie du Levant avait été, vers le milieu du xvu° siècle, établie dans cette ville, sous l'autorité des États Généraux. Elle se composait de Auit députés, d’un secrétaire-greflier et d’un inspecteur ou visiteur des vaisseaux ‘.
La Compagnie avait un droit d'inspection sur tous les vaisseaux partant de Hollande à destination du Levant. C’est elle qui leur accordait la permission de navigation. Elle percevait, à ce titre, un droit d’un florin par last ; et touchait 2 0/0 sur toutes les marchandises composant les chargements de retour.
En échange de ces droits, elle avait des devoirs à remplir. C’est ainsi qu’elle était chargée de l’entretien des consulats dans les échelles du ‘vant. Zlle nommait, avec l’approbatior. des États Généraux, les titulaires des divers postes consulaires, elle subvenait à leur entretien et leur allouait des ressources spéciales destinées aux présents à faire au Grand Seigneur, à ses ministres et à ses divers ofliciers. On n’ignore pas que ce n’était qu’à force de cadeaux et de dons de toute espèce que les puissances européennes soutenaient dans les Échelles leur influence et leur commerce.
1. Nous venons de dire qu elle comprenait huit députés, sur la foi de la majeure partie des auteurs, notamment de M. de Beausobre {{atroduction générale à l'étude de la politique, des finances et du commerce, Bruxelles, 1791, tome IE, p. 77) et de l'auteur de la partie de l'article HozLaxpe comprise aux pages 637-638 du tome HE du ictionnaire du commerce de l'Encyclopédie Méthodique ; mais quelques écrivains ont soutena que cette chambre de direction ne comprenait que six membres. Citons ainsi liuteur de l'article consacré à la compagnie hollandaise du Levant, au mot Compacxie, dans Le fnctionnaire du commerce de l'Encyclopédie méthodique, 1. L p. 674-675. (Ce nest pas la seule divergence qu'on pourrait remarquer entre des articles de ce même dictionnaire ) Tout en pensant que ces derniers se sont trompée, mous devions signaler leur assertion