‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 43 sur 89 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Ces chiffres suffisent à montrer nettement le dou- ‘ble avantage du régime : d’une part, brusquer la mise en valeur de la colonie, d’autre part, faire participer le budget local à son établissement et à sa prospérité.

Cependant ses adversaires ont prétendu que les opérations des Sociétés avaient pour résultats la destruction des plantes à caoutchouc : il est indéniable qu’elles aient en effet, dans la période de début, repris les procédés des commerçants libres, mais pouvaient-elles agir autrement, ne sachant pas à quelles essence caoutchoutières accorder la préférence? M. Chalot, directeur du Jardin d’essai de Libreville. le reconnaissait lui-même et terminait ainsi son rapport du 28 septembre 1901 : « En résumé, bien qu’il y ait au Jardin d’essai de nombreuses plantes susceptibles d’être cultivées dans l’avenir, à l'heure actuelle, les conditions économiques sont telles qu’il n’y a guère que la culture du cacaoyer, du vanillier, du cocotier qui puissent être entreprises avec œuelques chances de succès. »

Malgré ces incertitudes, de 1901 à 1903, les Sociétés plantèrent un assez grand nombre de céaras et, en 1904, près de 200.000 pieds avaient été plantés; ce fut à ce moment que l’on commença à soupçonner la valeur de l’Ireh nom donné par les indigènes à

la Kichæia africana et à la Funtumia elastica. Proftant encore des leçons de l’expérience, on se rendit compte que les lianes indigènes susceptibles de donner du caoutchouc repoussent du pied une fois coupées et que l’on a avantage, au point de vue qualité et quantité, à ne pas laiser s'étendre librement les tiges qui se forment. Munis de ces précieux renseignements, les Sociétés procédèrent à de nombreux essais de replantation et de multiplication de ces lianes.

Si quelques Sociétés ne se sont pas conformées à la clause de replantation, d’autres, au contraire, cultivent beaucoup plus d'arbres à caoutchouc qu’elles ne le devraient si elles se conformaient strictement aux prescriptions de l’art. 6 du cahier des charges, de sorte que dans l’ensemble, les Sociétés avaient en 1904, replanté le nombre de pieds de plantes à caoutchouc correspondant à la quantité de caoutchouc exportée : En effet, de 1900 à 1904, 2.842 tonnes de caoutchouc avaient été exportées; l’Union Congolaise évalue à 1.643, sur 2.842, celles qui Font été par les Sociétés tenues de replanter (1); à raison de 150 arbres à caoutchouc par tonne exportée, elles

(1) N'oublions pas que les Sociétés du Haut-Ogooué et du Kanilou-Niari ne sont pas tenues de replanter et que les maisons anglaises et allemandes du littoral n’ont pas cessé de participer au mouvement commercial.

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