CHAPITRE V
auraient dû en replanter 246.450. Or, ce chiffre a certainement été dépassé, le rapport de l’Union Congolaise, paru en 1904, affirmait même l'existence de 390.000 arbres replantés (1). Cette affirmation n’a jamais été démentie dans aucun document administratif authentique. Malheureusement et en raison de l'ignorance même des Sociétés, toutes ces replantations n’ont pas été heureuses quoiqu'il y ait été procédé avec le plus grand soin, les Sociétés chargeant des agents de culture sortant de nos écoles nationales d’agriculture de les diriger.
C’est surtout dans la région maritime que les Sociétés se sont appliquées à l’exploitation forestière; celles de l’intérieur n’ont pu le faire en raison de leur éloignement et du manque de moyens de transport.
Elles n’ont pas négligé non plus les cultures vivrières, créant des jardins potagers où sont cultivés des légumes d'Europe pour les agents européens, et s’adonnant aux cultures vivrières nécessaires à leurs travailleurs indigènes; certains, dans la région cô- : tière, ont entrepris des plantations de cacaoyers et de caféiers, mais les résultats n’ont pas été encourageants, les jeunes plants ayant été atteints par la
(1) Ce nombre total se décompose ainsi : 200.000 céaras, 40.000 hévéas, 4.200.000 irehs, 20.000 lianes.
maladie; la Compagnie française du Congo occidental en a particulièrement souffert, la Société des Factoreries de N’Djolé et la Compagnie de FOgooué- N'Gounié ont été un peu plus heureuses.
Il faut féliciter spécialement la Compagnie française du Congo occidental, la Société du Fernan- Vaz, de la Setté-Caura et la Compagnie du Littoral Barili, de s’être risquées à la culture du coton; les plantations de coton, peu importantes il est vrai, ont donné des produits dépassant toute espérance et appréciés par l'Association cotonnière. On ne saurait trop insister sur l'intérêt que nous avons à développer la culture du coton dans notre Afrique équatoriale : nous échapperions à la suprématie économique des Etats-Unis qui possèdent pour ainsi dire le monopole de la production cotonnière et le font peser sur le marché mondial. Malheureusement la culture du coton exige des soins habiles et soutenus, et la pénurie de main-d'œuvre se fait toujours sentir.
Ces mêmes Sociétés ont tenté aussi la culture de la vanille, de la banane, de la noix de coco, de l'orange et du citron.
En considération de tous cès efforts, fl est permis de dire, qu'à part quelques défaillances particulières, les Sociétés concessionnaires avaient, après quatre ans d’existence, répondu comme il convenait aux espoirs que l’on avait fondés sur elles et qu’elles