CHAPITRE VIII
La part de l'étranger était plus belle, puisque les marchandises étrangères importées au Congo représentaient une valeur globale de 8.423.431 francs, alors que les produits naturels de notre coloine dirigés sur les ports étrangers représentaient une valeur globale de 10.387.982 francs.
La part du commerce de la France et de ses colonies étant évaluée, en 1906, à 37 0/0 augmentait donc légèrement en 1907. C’est ce que constate une étude parue dans le bulletin du Comité de l’Afrique française qui reconnaît qu’en 1907 les Sociétés concessionnaires s'efforcent d’ « acheminer vers les marchés français leurs produits et parmi eux tout spécialement le caoutchouc (1).
Le même organe reconnaît aussi que les progrès du commerce au Congo français ont été considérables dans un laps de temps de cinq ans et attache cet heureux résultat à la mise en valeur plus complète des territoires concédés. Ces progrès « sont particulièrement intéressants parce qu’on peut les considérer comme acquis pour l'avenir, l’augmentation du commerce n'étant pas seulement causée par l'exploitation plus ou moins grande de tel ou tel produit, mais aussi par l'augmentation de la clien-
(1) Bulletin du Comité de l'Afrique française, année 1908, p. 287, « Le problème congolais », signé Goundé N’Zamba.
tèle indigène qui se frotte de plus en plus à notre civilisation » (1).
Ce sont surtout le caoutchouc et les produits forestiers qui sont la base de cette activité commerciale : 1.249 tonnes de caoutchouc avaient été exportées en 1904, 1.613 en 1905, 1.880 en 1906 et 1.916 en 1907. Quant au bois, l’Union congolaise qualifie de « prodigieux » l’essor qu'a pris son exploitation et estime que, dans un temps plus ou moins long, il pourra peut-être supplanter le caoutchouc dans le mouvement commercial : pour 14.371 tonnes exportées en 1904, 60,077 le sont en 1907. C’est une constatation heureuse et qui témoigne du souci des Sociétés d'échapper aux dangers de la monoculture; d'autre part, l'exploitation forestière exige une grande assiduité de la part de ceux qui s’y emploient : les résultats obtenus prouvent plus d’application à un travail soutenu de la part des indigènes.
Enfin, ce sont les Sociétés concessionnaires qui sont la cause de cet heureux progrès des échanges. M. le Commissaire général Gentil, dans son rapport d'ensemble pour 1906, estime que leur part s’élevait en 1905 à 16.060.837 francs pour un échange
(4) Bulletin du Comité de l'Afrique française, année 1908, supplément, p. 102,