‹ Les Grandes Concessions: Au Congo FrançaisChapitre 83 sur 89 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

dans leurs possessions la Guinée espagnole sur laquelle nous avions un droit de préférence dont nous nous sommes dessaisis au profit de l'Allemagne (région du Voleu-N'Tem).

Au nord-est d'Ouesso, le bassin de la Moyenne- Sangha est une contrée pacifiée, salubre et en plein développement; mais le plus important, c’est que ces régions du Voleu-N'Tem, de là Moyenne-Sangha et de la Basse-Lobaye sont couvertes par la forêt équatoriale (100.000 kilomètres carrés d’un seul te-nant). Sans doute, on ne peut fonder sur elle à l'heure actuelle que des espérances, mais c’est pour l'avenir une ressource d’une très grande richesse en bois précieux et en bois d'œuvre.

b) La deuxième région, la Basse-Sangha explique à elle seule les doléances allemandes (marécageuse, peu peuplée); seulement elle ouvre par la Sangha accès au Congo. Sa valeur économique ne fait que balancer celle des territoires cédés par l’Allemagne entre le Chari et le Logone.

c) Quant à la troisième région (Haute-Sangha, Haute-Lobaye) elle constitue « un pays pacifié et en pleine exploitation »(1), riche en caoutchouc et en cultures vivrières.

(1) Discours de M. Merlin à louverture du Conseil de gouvernement de l'A. E. F,, 2 octobre 1911.

La r)

Le caractère inquiétant de ces cessions était qu'à leur suite les possessions allemandes prenaient contact avec le Congo et l’Oubangui. é

La ténacité dont avait fait preuve l'Allemagne pour obtenir ces points de contact témoignait des convoitises qu’elle nourrissait au sujet du Congo belge. N’ayant pu obtenir notre dessaisissement du droit de préemption sur le Congo belge (2), elle allait s’efforcer dans l'avenir d’arriver aux mêmes résultats par les procédés qu’elle avait employés dans notre Congo.

Plusieurs Sociétés ont été touchées par la convention, trois passaient en totalité sous la souveraineté allemande : la Société de la Sangha équatoriale, la Société de la Mamberé Sangha et la Compagnie commerciale de colonisation du Congo français; cinq autres y passaient en partie : la Société du Haut-Ogooué, la Compagnie française du Haut- Congo, la Compagnie française de FOuhamé-Nana, la Compagnie forestière Sangha-Oubangui et la Compagnie de la N’Goko Sangha; une clause de la convention du 4 novembre 1911 maintenait leur existence.

C'était la seule solution juridique : les contrats

mm ma ee

(2) «Cest un droit strictement personnel et nullement négociable, » A. Tardieu, Le Mystère d'Agadir.

Page 1