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LA COMTESSE DE MEFFRAY

La comtesse de Meffray est née Jeanne Coppens de Fontenay. Mariée toute jeune au comte de Meffray, petit-fils de cette M"' de la Tour qui fut Tamie et la dame d'atours préférée de la duchesse de Berry, la jeune femme est devenue très rapidement Tune des femmes les plus enviées et les plus fêtées de la jeune génération. Élégante, svelte, distinguée, sa taille admirable et la grâce harmonieuse de sa démarche de sylphe eussent suffi à sa réputation de jolie femme. Avec cela un charmant visage aux traits fins et doux de camée grec, avec de beaux grands yeux noirs dont la prunelle

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veloutée éclaire une carnation éblouissante, la plus mignonne bouche du monde et« pour couronner sa tête délicate, délicieusement attachée à son col élégant, de beaux cheveux châtains aux tons clairs et lumineux. On a beaucoup admiré à la dernière exposition du cercle des Mirlitons le beau buste de M"* de Meffray. Cependant, quel que soit le talent de Franceschi, son œuvre, cette fois, ne vaut i>oint le modèle, et un sourire des belles lèvres vivantes efface de son trait fugitif la physionomie trop froide des lignes marmoréennes.

M°' de Meffray, ainsi que sa beauté l'indique, est une Normande greffée de keepsake. Sa mère, M"* Coppens, possède à Louviers un superbe château qu'ont rendu célèbre les jolies fêtes données chaque année durant la saison des chasses : bals champêtres, comédies, concerts, etc.

C'est au cours de l'automne une série de réjouissances auxquelles la jeune femme donne par sa présence un très grand attrait d'élégance et de gaieté. Elle-même joue la comédie à ravir, et, secondée par ses amies, elle a su pourvoir à la renommée du i)ctit théâtre installé dans le grand salon du manoir maternel. Comme M°*de Meffray adore la chasse, son mari, non moins excellent disciple de saint Hubert, se fait gloire de posséder

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un équipage des plus vantés, grâce auquel les belles forêts de la Londe et de Bretonne ont souvent retenti du bruit des exploits de la belle amazone. Elle chasse là en très brillante compagnie, dont le centre est au château de Boscgoët, dont la jolie hôtesse, M"' Prévost, reçoit tour à tour le comte et la comtesse de Montgomery, le comte et la comtesse de Lubersac, le comte et la comtesse Bertrand de Valon, etc., tous chasseurs et sportsmen enragés, qui forment les plus fringantes cavalcades et chevauchées à travers les beaux bois environnants.

La comtesse de Meffray, non contente de monter à cheval en vraie centauresse et de suivre les chasses à courre avec une intrépidité sans pareille, tire à merveille. Aussi passe-t-elle très volontiers les mois d'août et de septembre dans les belles terres que son mari possède en Dauphiné, où elle ouvre la chasse. Et, attirés par la gentille châtelaine, les baigneurs d'Aix viennent faire chez elle leur première étape du retour, apportant l'entrain et la vie dans ces contrées, habituellement si mortes, par suite de leur éloignement de tout grand centre.

Si M""' de Meffray consacre Tété au Dauphiné, l'automne à la Normandie, elle réserve le printemps à Paris, où, non contente de se montrer à

toutes les fêtes, elle donne, dans son coquet appartement de la rue de la Ville-l'Évêque, de très jolis bals roses auxquels est conviée la crème de la jeunesse élégante.

Pour être une mondaine très répandue et fort recherchée, M"' de Meffray n'en est pas moins une femme aimante et bonne. Très étroitement unie à son mari, qu'elle adore, la jeune comtesse traverse le monde et ses plaisirs sans qu'une calomnie ait pu l'effleurer. Jolie, spirituelle, élégante, elle s'amuse sans arrière-pensée, et le doux regard de ses grands beaux yeux est si pur, si franc, si sincère, que, quelles que soient les jalousies suggérées par sa. beauté, nul jusqu'ici n'a osé attaquer sa tenue irréprochable.

D^ailleurs, pour sanctionner l'union de ce ménage et la rendre plus durable. Dieu a donné à la comtesse deux ravissantes petites tilles qui promettent de devenir belles comme leur mère. C'est le côté sérieux de cette existence et la joie grave de ce bonheur. La mère est digne de Tépouse, sachant dérober au monde assez d'instants pour accomplir la tache si douce de ce devoir nouveau.

M"** de Meffray n'a d'ailleurs rien perdu à sa maternité précoce ; pas même la sveltesse élégante de sa taille flexible. Gardant à la jeune femme toute

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sa grâce, il semble que l'enfantement ne soit venu que pour compléter, par le joli corollaire de ces babies blancs et roses, l'harmonie exquise de ce charmant tableau de bonheur.

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