CHAPITRE VH
Enfin, la lianqup de Naples a coniniencé, en d8(}8, des opérations de crédit foncier, et en 188:i, elle a pris part, avec dix autres grandes institutions de crédit du royaume, à la fondation d’une caisse d'assurance pour les. ouvriers contre les accidents.
On ne peut nier que, sous le rapport de la science tinancière et de l’organisation des banques, l’Italie ne soit bien supérieure à la plupart des États de l’Iùirope. Les Napolitains ont grandement raison de vouloir conserver à leur banque le caractère qui lait son originalité et que consacre une tradition éprouvée.
D’ailleurs, un mouvement d’opinion très sensible ramène de nos jours le monde économique aux institutions conçues dans la pensée désintéressée d’aider et de soutenir l’activité des classes laborieuses au moyen d’un capital qui ^ ne se fasse pas. payer, et soit amorti définitivement. C’est sur cette base que reposent les caisses Haifl'eisen (I), qui sont en Allemagne le ineilleur lyjio de crédit agricole et tendent, 6H/- cc termui^k remplacer les banques Scbulze- Delizstch. Dans le renouveau actuel du mouvement coopératif, on voit de temps à autre apparaître, dans les statuts des associations ouvrières les plus radicales.* l’idée que Bûchez avait jadis posée comme la base de la Société des ouvriers bijoutiers en doré, à savoir : la constitution d un capital inaliénable acijuis à perpétuité au groupe corporatif.
Depuis la Révolution, on a trop sacrifié le principe des propriétés collectives, pour faire jirévaloir exclusivement l’idée de l’intérêt personnel et de la projiriété individuelle. Un juste (Hjuilibre doit exister entre <;es deux formes sons lesijuelles se consolide (>t s(* conserve le résultat de l’industrie humaine. Jm socieli' ne se gouverne pas par nu principe unique. Urganisme vivant et complexe, elle réclame, comme riiomme lui-mèine, une certaine variété dans les instruments (jui doi\ent satisfaire ses besoins. Loin de nous la pensée de déprécier la valeur du mobile de l’intérêt personnel individualisé dans la famille ; c’est le grand ressort
(I) Nous avoirs exposé soininaireinenl le svsfèine des caisse Bailleisen dans la revue la Uéforuie sociale, année 1884 t IJ p|). 54'i-5iü. • • >
LE CRÉDIT POPULAIRE EN ITALIE
du monde économique. Mais n’oublions pas que Jésus- Christ a apporté au monde la charité, et que ce principe est essentiel au maintien de la paix parmi les hommes ; par conséquent, reconnaissons l’action qu’il doit avoir et dont les vieilles institutions de l’ancien régime, en fait de crédit populaire, nous ont laissé de si remarquables exemples.